[Forum Archive] Jeu de rôle d'interprétation sur forum, concernant un monde futuriste et post-apoalyptique
 
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 Il dit "Que la lumière soit" et la lumière fut...

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Yasin Si
Invité



MessageSujet: Il dit "Que la lumière soit" et la lumière fut...   Dim 14 Oct - 20:27

|Ils vivent... Avancent, sans se soucier de rien... Rien d'autre qu'eux. Encore. Quand lèveront-ils les yeux vers le ciel, quand verront-ils le soleil ? Ce jour est encore si loin... Tellement loin que je désespère de voir la Lumière de Dieu les toucher à nouveau du bout des doigts.|

Une masse épaisse aux reflets d'ébènes se déroula dans une caresse sensuelle pour suivre les mouvements d'un vent puissant. Ondoyante et volage, n'ayant à première vue aucune envie de rester en place.

|Quelles images tristes... Secrètement éprouvées... Qui sortent de vos esprits dérangés. Voyez-vous seulement le lieu où vous êtes ?|

Un sourire ironique, peut-être un peu moqueur, aux lèvres de poupée invitant aux plaisirs cachés qu'Eve promit un jour à Adam. Un fruit de la passion mortel.

|Une tombe. Une magnifique tombe colorée de votre propre sang.|

Une main aux doigts créés pour user de la musique des éléments, tendue vers l'infini. Ceux-ci se replient et se déplient sous les impulsions du monde, espèrent toucher les coeurs qui restent pourtant depuis toujours hors d'atteinte.

Les plus belles couleurs du jour se fondant dans celles de la nuit. Seul instant que les cieux ont accordés aux deux astres lumineux de se rencontrer. Rencontre Ô combien appréciée. Ô combien espérée. Et pourtant, sans plus aucune intimité, offerte en patûre aux regards avides des passants les plus voyeurs de notre temps.

|Tous pervertis dans l'âme. Suis-je meilleure ?|

Un soupir, un nuage créé par le froid. Le nez plongé dans le ciel, l'esprit couché sur la courbe de la lune, les yeux dans les étoiles. Le regard vieux de plusieurs siècles, dirait-on, s'obscurcit avec le jeu de la vie.

|Je crains que non.|

Le bras se replie, la main se referme. Comme pour saisir un fragment de cet instant et le garder pour l'éternité. Mais ce ne sera pas possible. Et si elle n'avait si froid de tant d'horreurs, peut-être serait-elle déjà en train de pleurer.

Ses paupières s'abaissent, son poing s'appuye contre son coeur. Elle donnerait tout pour ne pas oublier ces moments de réflection qui se répètent à chaque fois que Dieu les lui retire. Elle ne sait même pas pourquoi c'est ainsi.

Peut-être le papillon devrait-il penser à tenir un journal ? Peut-être pourrait-il alors se rapeller au fil de l'oubli... Mais elle n'y pense pas. Pas encore. Rien ne la pousse réellement à le désirer. Rien d'autre que sa solitude. Mais c'est mieux pour elle.

Si au moins elle pouvait se détacher de l'amour qu'elle a pour ce monde. Ou si elle trouvait le courage d'en finir. Mais aucune de ces deux possibilités ne sont envisagées, elles non plus. Est-ce alors une volonter de souffrir indéfiniment qui l'anime ?

Car ne meurt-elle pas un peu plus chaques jours dans son âme à se torturer l'esprit de tant de questions qui se révèlent au final sans intérêt ?

|Encore une. Toujours une. L'ai-je déjà formulée ?|

Elle devient toujours une autre personne. Selon la façon dont elle évolue après son cycle. La larve, la chenille, la chrysalide, et l'incertitude de voir sortir le même papillon que celle qui l'a précédée.

Elle ouvre à nouveau les yeux. Des yeux brumeux. Elle ne pense plus à rien. Le vent souffle dans ses oreilles, ses cheveux caressent ses joues et ses omoplates. Silencieuse. Comme d'habitude.


[Réservé à Ennoïa ^^]
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Ennoïa
Erelim
Erelim
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MessageSujet: Re: Il dit "Que la lumière soit" et la lumière fut...   Dim 14 Oct - 20:28


Le type assis sur le lit dit : « Ma femme est allée voir ailleurs. J'comprends pas. » Enoa qui se trouvait par terre se leva soudainement pour aller fouiller dans les poches arrières de son pantalon. Il était obligé de s’approcher étroitement de l’homme qui empestait une forte odeur de bois flambé. L’autre épiloguait sur le fait que sa femme ne réussissait jamais à faire du riz correctement. Trop cuit. Pas assez. Trop d’oignons. Et qu'Ennoïa s’approprie le contenu merveilleux de ses poches ne semblait pas le gêner… Peut-être était-il trop occupé à dire que lui savait très bien faire les tiramisus. Il racontait (à qui, on ne sait pas, puisque ce n’était pas Enoa qui l’écoutait en tous cas) qu’avec peu d’ingrédients on pouvait faire du tiramisu pour cinq personnes. Il avoua cependant qu’il avait un peu de mal à faire monter le blanc en neige. Mais juste un peu. Et comme il ne daignait pas se lever, Enoa et ses mains découvraient les fesses ni rondes ni plates, ni hautes ni basses, de cet homme physiquement aussi banal que son postérieur… Et puis logiquement son métier voulait que se soit le client qui tripote ses fesses, et pas le contraire, mais bon. Ce gars-là s’était un spécimen rare. Une petite surprise. Une blague peut-être ? Enoa ne savait pas trop. Ce dont il était certain c’est qu’il était venu pour discuter de sa vie passionnante. Et à toutes ses questions du style « Tu crois pas ? » le jeune homme approuvait avec toujours le même « Bien sur. » dont l’autre se contentait.

Quand enfin Enoa parvint à accéder aux poches de son fantastique spécimen, il sortit tout et entreprit de faire le tri ensuite. Des vieilles pièces de monnaie crasseuses, des tiqués de caisse, des clés de voiture, des vieux bonbons moisis, des fascicules publicitaires pliés en cinq se côtoyaient. Il pouvait lire sur l'un d'eux : "Muscu +, venez vous forger un corps de rêve". Des véritables reliques ancestrales que le jeune homme n’appréciait sans doute pas à leur juste valeur puisqu’il les jeta par terre sans plus de considération. Sous les bouts de papiers qui avaient dû passer à la machine maintes et maintes fois, Enoa trouva enfin sa sainte mèche de cheveu, son morceau de phalange béni, le doigt de pied sacré de Jésus : Un paquet de cigarettes. Il se l’appropria sans honte ni honneur, ainsi que du briquet qui l’accompagnait et qui avait pour ornementation une femme nue avec une poitrine démesurée. Sur le paquet, des feuilles vertes, sans doute des feuilles de menthe. Derrière était inscrit en minuscules caractères : « La cigarette à base de plantes qui vous aide à arrêter de fumer… » . Bien sur, quel con. C’était ça qui puait. Le type dit : « J’suis pourtant un bel homme non ? » L’Erelim étudia d’un air désinvolte cet homme qu’il dominait de quelques bons centimètres alors que celui-ci cumulait au moins 20 ans de plus. Il avait sans doute quelques kilos en trop. Et dans sa moustache à la couleur indéfinissable on pouvait presque voir les morceaux de son dernier repas… Enoa approuva pourtant : « Bien sur. » L’homme enchaîna : « C’est dégueulasse qu’elle m’ait fait ça à moi. C’est vrai quoi, j’suis un type gentil. Je m’occupe bien d’notre gosse. » Enoa s’alluma une fausse-cigarette. « Je fais la cuisine de temps en temps. » Enoa tira une latte. « Et le ménage… » Enoa se bu une bière. « Par contre ramasser les merdes du clebs ça j’peux pas. » Deux. «
Vraiment, j’y arrive pas ! C’est vrai quoi c’est dégueulasse ! Et puis j’en ai jamais voulu moi d’ce chien ! » Enoa lui demanda quelle heure il était (et se pris un vent). «Tu ne crois pas que c’est à elle de s’en occuper ? Je suis sur que ce connard déteste les chiens autant que moi. Tu crois qu’elle veut me rendre jaloux ? » Enoa dit : « Bien sur. » … « Oui, oui, c’est évident. Mais pourquoi me fait-elle ça ? Elle doute de l’amour que j’ai pour elle ? » D’une tronche de cocker battu il passa à Hulk après sa transformation. Enoa dit : « Bien sur. »

Après un long moment où il avait totalement décroché, délaissé la réalité pour ne plus avoir à supporte les conneries que lui débitait son client un peu spécial, Enoa émergea enfin de son monde de rêveries. Dès lors, des histoires de riz sexy, des tiramisus qui se soulagent sur le tapis de la salle à manger, de chien qu'on pourrait partager en cinq sans soucis vinrent le quérir. Il avait un peu de mal à se reconnecter, ses pensées confuses en étaient la preuve indéniable… Le type dit : « Ouais j’t’assure, elle achète toujours de la confiture aux abricots alors qu’elle sait que j’aime pas ça. Si c’est pas du vice. » Le jeune homme haussa un sourcil pour finalement poser son sombre regard sur son débardeur où s’étalaient les cendres de sa cigarette. Tandis qu’il chassait lesdites cendres d’un revers de la main, le type se leva avec autant de grâce qu’un porc avait pour remuer son imposant postérieur. « J’ai bien aimé parler avec toi. Faudra qu’on se refasse ça ! » Mais quel abruti… Il le faisait exprès d'être aussi débile ? Enoa consentit cependant : « Bien sur. » Oui il était d'accord. Comme toujours. Il aurait pu lui demander n'importe quoi, là réponse aurait été la même. Les deux personnages étaient aussi singuliers l'un que l'autre en fin de compte. L'homme suggéra : « Vu que t'as quand même pas eu beaucoup de boulot tu pourrais... Me... Faire unnn... Raccompagner chez moi ? ... » Grand silence. Nouveau haussement de sourcil. Le gros monsieur, pas aussi innocent qu'il en avait l'air, espérait naïvement qu'Ennoïa avait zappé la pensée qu'il avait eu l'espace d'un instant. Le jeune homme n'était peut-être pas très intelligent mais pas totalement stupide non plus. Et puis après tout il était un Erelim hein. Un fait que l'autre avait un peu beaucoup négligé pendant le moment qu'il avait passé à lui conter ses histoires extraordinaires et ses problèmes conjugaux-culinaires. L'adolescent acquiesça cependant une nouvelle fois, mais avec un simple hochement de tête cette fois-ci... Non. Il n'avait PAS une autre idée derrière la tête. Bien sur que non. Il indiqua : « J'habite près de l'Anor Lisen, c'est pas loin. » Alors le jouvenceau le suivit à travers les couloirs du motel crasseux dans lequel ils se trouvaient.

Devant son domicile aux murs tellement crades qu'on ne pouvait deviner quelle était la couleur de la peinture, Enoa quitta (enfin) son curieux client. Sur le chemin qui le conduirait au quartier des plaisirs, il tentait de se débarrasser des tiramisus négligés et du riz sexy qui se promenaient dans sa tête depuis un bon moment, sans succès. Et puis, brusquement, il s'arrêta devant l'Anor Lisen. Le jeune homme n'était pas très cultivé, aussi n'avait-il jamais entendu parler de le légende gravitant autour de ce vestige de l'ancienne ville. Ce dont il était sûr toutefois, c'est qu'il n'avait pas franchement envie de retrouver la chaleur oppressante de Karyukai. Ni de s'adonner à des plaisirs charnels pour quelques sous avec un autre client plus orthodoxe. Il entreprit alors de gravir les marches de la tour archaïque, pour faire quoi, il ne savait pas. Peut-être pour s'abandonner dans ses habituelles rêveries. Ou pour admirer le ciel. Ou pour compter le nombre de marches en montant.
Il décida finalement d'opter pour la dernière solution... Mais, arrivé au sommet, il constata qu'il s'était perdu dans son calcul. Mince. Il pensa alors "Tant pis je recompterai en descendant." Mais il anticipa et se dit qu'il ferait certainement trop sombre pour compter quoi que ce soit. Il délogea ces pensées ridicules et sans intérêt qui le prenaient de temps en temps.
Et c'est seulement à ce moment-là qu'il vit la jeune femme. Il se demanda alors si sa présence lui serait gênante. Même si la présence d'Enoa l'était rarement. Un tas d'autres pensées inutiles lui traversèrent l'esprit comme "Avec une telle chevelure elle doit passer un temps fou à se coiffer". Il avait l'air de fixer les murs, le regard secret, alors qu'il admirait la divine créature qui se trouvait devant lui. Une beauté issue d'un conte, mais un conte qui avait quelque chose d'amer... Et voilà. Le jeune homme était déjà loin. Ou juste ailleurs tout du moins. Et ça c'était son habitude à lui.
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