[Forum Archive] Jeu de rôle d'interprétation sur forum, concernant un monde futuriste et post-apoalyptique
 
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 Génie ou folie?

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Azraël
Nouvel Archange
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Messages : 12
Date d'inscription : 11/10/2007

MessageSujet: Génie ou folie?   Sam 13 Oct - 21:34

[Réservé: Anastesia _au moins pour le début.]

La pénombre avait recouvert la Terre sous ses teintes de crépuscule, ainsi que la mante d'une femme retombe sur son doux visage pour en cacher les contours et les secrets desseins que, dans un moment d'inattention fatale sa prunelle révèlerait peut-être. Ces ténèbres violacées, s'étendant tel un voile intemporel en méandre opiacées engourdissaient l'esprit d'Azraël dans un halo de nuages qui courtisait ses sens pour mieux les endormir telles une antique catin qui receuille dans son giron les seules confidences d'un enfant désabusé quand son corps parcheminé, où chaque ride est une bandelette de baisers et de caresses violentes, ne lui permet plus que de veiller sur les âmes en peines que compose son bordel. Ces ténèbres, encore, n'étaient pourtant ni aussi noire, ni aussi vile que la bile qui suintait de son coeur malade réclamant, ainsi qu'une épée prenant vie dans la fureur des combats, le sang de l'ennemi pour parer sa lame au reflet d'une rivière de diamant la gorge d'une dame. Enfin le dirigeant de Zion allait agir, enfin le lutin anémique irait guerroyer comme les antiques guerriers à coups de mots, de rafales lyriques qui mieux qu'un destrier le transporteraient au coeur de la tourmente pour percer de sa lame de Raison l'armure faîte de dogmes désuets et abscons.

Qui mieux que le jouvenceau famélique irait se jeter dans la gueule du loup, visiter l'ennemi sur son territoire? Peut-être jouait-il impunément avec sa vie, cette vie devenue si chère qu'il songeait à l'immortaliser dans sa beauté fragile, figer sur la surface du monde où miroitent en silence les milliards de lueurs d'existence qui en un souffle s'évanouissent si rapidement, comme une étoile happée par le néant, son enveloppe à la maigreur indécente, ce corps si petit et si frêle, dérober au temps ce minois à l'androgynie et la délicatesse d'un enfant.

Il aurait pu inviter la cardinale à lui rendre visite au beau milieu de son antre ainsi qu'une marquise recevant dans son boudoir son amoureux transi. Mais il lui restait de l'éducation parentale reçue une sorte de courtoisie du passé, de galanterie ancienne et il se devait de se déplacer s'il souhaitait rencontrer "la dirigeante des dégénérés".

Ainsi, pour la première fois de sa courte existence, le chétif enfant daigna se rendre dans cette partie de la ville qu'il ne connaissait pas ou si peu. Et, malgré le luxe raffiné qui caractérisait les anciennes créations architecturales d'Abel, le frêle et fragile jouvenceau ne manqua d'être étonné par une certaine splendeur qui émanait des thermes romains et le faisaient soudain rêver à ce peuple disparu, son esprit s'évadant pour un moment en se plaisant à imaginer cette culture en partie oubliée dont les seuls vestiges témoignaient de tant de grandeur. Tel un enfant qui tient entre ses petits doigts un parchemin où s'étiole en fines filigranes d'or et d'argent un conte du Moyen-âge, Azraël inventait la suite de l'histoire, achevant pour lui seul les péripéties du valeureux prince charmant.

Les bains et leur atmosphère moite faîte de nuages charmèrent immédiatement l'apprenti sage, semblant réserver des promesses dans leurs mystères floconneux à qui traverserait leur langueur composée de filandreuses brumes et de murmures inconnus qui auraient tout aussi bien pu n'être que les dernières confidences des morts.

Curieusement, l'imagination du sire d'Amboise connaissait un regain de fertilité et d'activité depuis qu'il avait arrêté, plusieurs mois de cela, la consommation de toutes ces substances qui l'amenaient en bons chevaux retors à ses paradis artificiels, lorsqu'il n'avait qu'eux pour combler le vide croissant ou fuir la réalité angoissante. Vêtu d'une seule serviette blanche nouée autour de sa taille trop fine, le tissu ne cachait aucunement ses os trop saillants, le début de ses hanches trop étroites ou encore les nombreuses cicatrices qui sillonaient sa peau pâle ainsi que les rides la peau parcheminée d'une vieille femme, comme autant de marques des blessures faîte à son âme pantelante et hagarde, quand c'était pour elle le seul moyen de crier sa rage et sa douleur au travers l'acier qui déchire et les veines qui pleurent.

Aussi étrange cela fût-il, le chanteur inconscient avait choisi les thermes sans pourtant être assuré d'y trouver sa rivale. Encadré donc d'une équioe de gardes du corps suant à grande eaux, engoncés dans leurs costumes noirs tandis que leur dirigeant se prélassait dans l'onde bienfaisante et s'amusait parfois à les asperger de gerbe d'eau, messire punk ne comprenait pas tout à fait pourquoi messires les gorilles refusaient de l'accompagner dans ses pérégrinations aquatiques au risque d'abîmer leur précieux équipement _après tout, il leur en aurait redonné un neuf_ lorsqu'une silhouette se fit entrevoir, approchant du lieu où pataugeait le lutin anémique redevenu pour un temps insouciant.
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Anastesia Thersinker
Cardinale de l'Amariah
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Date d'inscription : 11/10/2007

MessageSujet: Re: Génie ou folie?   Sam 13 Oct - 21:35

Le regard mordoré d’Anastesia contemplait les lueurs sénescentes du soleil couchant, alors que l’ambre de ses iris se nimbait de maints reflets, à la fois d’or et d’amarante. Alors que ses yeux, teints de cinabre lorsque braqués sur l’astre mourant, se détachèrent non sans regrets de la lucarne faîtière de sa chambre, quelques coups saccadés brisèrent le si fragile silence de la pièce. Irritée, le Cardinal, dont le regard s’était adouci à ce fort touchant trépas, sembla tout à coup revenir à elle. Les sourcils froncés, elle pivota vivement sur ses talons, entraînant sa soyeuse chevelure nattée dans le mouvement, dans un froissement d’étoffe.

« Entrez. » prononça-t-elle, d’une intonation visiblement dérangée.

Il n’était pas dans ses habitudes d’être agréable avec ceux qui troublaient sa sérénité, quand elle se retirait dans ses appartements. Après tout, rien n’était assez grave pour ne pas pouvoir attendre quelques heures tout au plus. La poignée, finement sculptée dans un métal cuivré, fit un demi-tour sur elle-même, permettant ainsi à la porte de s’entrouvrir. La pièce s’était, en quelques secondes à peine, plongée dans la pénombre, aussi Anastesia ne reconnut pas son interlocuteur.


« Le dîner est servi, Votre Sainteté. »

La chaleur caractéristique de la colère emplit le Cardinal, qui se retint pour ne pas destituer ce valet, déjà bien assez bas dans l’échelle. D’une main assurée, elle alluma une lampe qui diffusa une lumière flavescente à travers une bonne partie de la pièce, négligeant quelques points cachés par l’ameublement riche de la résidence de la matriarche religieuse. Elle ne daigna même pas jeter un œil sur l’apprenti-moine qui était venu faire le message, aussi considéra-t-il son devoir accomplit et s’éclipsa sans demander son reste. Anastesia le suivit de peu, accueillie chaleureusement par un majordome qui lui servit son repas.

Cependant, sa faim semblait s’être estompée alors qu’elle descendait lentement les escaliers qui la mènerait à la salle à manger. Elle ne pigea dans son plat et ses à-côtés qu’à contrecœur, puis prit sèchement congé en omettant un « merci », mot empoisonné à sa bouche (lorsqu’il ne lui était pas adressé, bien sûr). Alors qu’elle rejoignait une nouvelle fois sa chambre, elle fut poliment apostrophée par un prêtre, qui lui transmit l’information que quelqu’un s’était installé dans les bains romains. Elle passa son chemin, encore négligeant de remercier son interlocuteur, visiblement irrité que quelqu’un s’y soit trouvé alors qu’elle comptait y faire une courte visite. De toute façon, qui pouvait bien déranger Son Excellence au point où elle devrait s’offusquer de ce genre de chose ? Chassant ces prétendus ennuis d’un geste souple de la main, elle se retira dans ses appartements, où elle pourrait rapidement se changer avant d’y descendre.

Rendue dans sa chambre, elle se dévêtit rapidement, puis enfila un maillot peu révélateur, conformément à ses convictions, mais qui ne laissait pas en second-plan ses courbes bien définies. Depuis l’attentat de l’Opéra d’Assiah, elle évitait de regarder son propre reflet dans un miroir; ou du moins, elle refusait de poser les yeux sous sa poitrine. Son corps avait été endommagé, certes, mais sa propre estime l’empêchait de voir ces cicatrices, autant sur son ventre que ses cuisses et ses jambes. La tentation était certes là, et elle y céda : l’horreur de se voir ainsi mutilée ne la frustra pas, au contraire. Hautaine et arrogante, elle n’aurait voulu que personne la voie dans un tel moment de faiblesse : le Cardinal de l’Amariah fondit en larmes.

Il lui fallut quelques minutes pour reprendre ses propres rênes. Elle enfila par-dessus son maillot, malgré elle trop délateur de ses souffrances, un peignoir en soie fine, violette, brodée de fleurs de lotus argentées. Elle enfila une paire d’escarpins à talons hauts, assorties aux broderies, puis elle se glissa dans la porte entrouverte de son antre.

Il était déjà tard lorsqu’elle atteint les thermes romaines. Ses talons trahissaient sa présence : mais pourquoi la cacher, puisqu’elle régnait en Reine et Maîtresse sur tout ce territoire ? Sans compter le reste, bien sûr… Son ombre apparût sur le mur qui séparait le reste des résidences et les thermes, puis elle entra sans plus de révérence dans les lieux. Le regard ambré d’Anastesia se porta immédiatement sur la personne qui s’était installée, avant elle, à cet endroit; et elle ne fut pas que peu surprise d’y voir le Nouvel Archange de Zion, Azraël d’Amboise.


« Êtes-vous très confiant ou simplement très sot de vous aventurer ainsi sur les territoires ennemis ? » commença le Cardinal, un sourire à la fois amusé et dédaigneux parcourant ses lèvres fines.

Elle frotta ses yeux encore irrités, puis s’avança de quelques pas. Relâchant un moment son emprise visuelle sur Azraël, Anastesia remarqua les gardes du corps dont l’Archange avait pris soin de s’assurer les services. Sage décision, jugea le Cardinal, mais il n’était pas question que quiconque blesse ou tue dans ses thermes. Non, non, cet échange ne serait sans doute pas en matière d’escrime ou de corps à corps, mais plutôt… verbal.
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Azraël
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MessageSujet: Re: Génie ou folie?   Sam 13 Oct - 21:35

"Peut-être les deux... Peut-être aucun"

Un sourire étrange fleurit sur ces lèvres, les étire sans pour autant dévoiler les canines qui pourraient, s'il le voulait, s'allonger et trahir sa nouvelle nature. Un nouveau lamia est né... pire que cela: un lamia est dans la place!

Pourquoi avoir pris la pillule d'immortalité?

Non pas tant par souci de provocation que par peur... Azraël ne voulait pas dépasser le stade des 17 ans, âge où Rimbaud avait écrit ses poésies. A présent, il resterait éternellement chétif enfant, éternellement anémique et faible. Alors oui, il peut sourire le lutin décharné, se moquer de cette femme qui a besoin de détruire ses pairs pour se croire digne du Paradis. D'ailleurs, sans ambage, le garçon trop frêle balance à la jolie mais cruelle jouvencelle


"Votre vie est-elle donc si pourrie que vous ayez besoin d'assombrir celle des autres? Votre seule joie est-elle donc de vouloir attirer et enfoncer ceux qui vous surpassent dans la fange dans laquelle vous trempez pour vous sentir supérieure...? Comme ce serait pathétique...
Mais non, c'est trop indigne d'une dame.
D'ailleurs je vous remercie d'avoir pris tant de soin de votre apparence, je n'en demandais pas tant... Si maintenant vous daigniez descendre de votre piédestal, je ne tiens pas à attraper un torticolis juste en regardant votre peignoire _charmant cela dit, ne vous inquiétez pas."

Et voilà, le combat avait débuté...

Mais Azraël ne supportait plus... devoir mentir, devoir faire bonne figure, devoir se comporter en dirigeant responsable... Devoir. Il avait des idéaux, des convictions, et ce ne serait pas cette chienne, cette gentille fifille à papa qui le forcerait à adopter une attitude diplomate.


"Nous savons tous deux très bien pourquoi je suis là, rien ne sert de faire semblant... Par contre n'attendez nul respect de ma part comme ces gueux qui vous lèchent de toute part à longueur de journée et se montrent aussi serviles que des moutons, et tellement cons qu'ils seraient capables de vous suivre dans un fossé... Vous crachez sur la vie, l'écrasez du pied comme si vous étiez en mesure de juger qui mérite de vivre ou mourir, alors que j'ai décidé de défendre tous ses représentants, tous ceux qui n'aspirent qu'à la paix, cette paix que vous dérangez. A présent, les hostilités sont ouvertes, et si vous n'êtes pas totalement dépourvue d'intelligence, nous réussirons peut-être à nous entendre."

Intelligence à laquelle, il en avait conscience, il faisait cruellement défaut. Mais il ne souhaitait pas être pondéré et sage, pas alors que celle qui annihilait tous ces trésors d'existences, ces lumières d'arc-en-ciel aussi belles que différentes lui faisait face et se comportait comme une déesse dans son Olympe personnel... Il aurait pu tenter de discuter calmement, mais il ne voulait pas refouler sa rage, faire des efforts face à une gamine capricieuse sûre de son bon droit et qui jouait avec les êtres comme avec des pantins... Il avait été lui-même un pantin, mais à présent qu'il avait le pouvoir de défendre et peut-être sauver toutes ces victimes persécutées, il s'opposerait à l'insupportable enfant qui ne prenait plaisir qu'en brisant ses jouets. Resterait-elle après cela, ou lui répondrait-elle en le dédaignant et lui jetant son mépris comme un gant au visage...? Ce serait tellement plus simple... plus facile pour un esprit étroit que rester et prendre le risque de comprendre...

Car c'est à cela que le rachitique jouvenceau voulait mener la belle, comme une promise à son mari guidée par son père, comme une jeune vierge à l'autel... Il voulait ébranler son fanatisme, la pousser à réfléchir et enfin se dépêtrer de ses croyances putréfiées d'aliénés. Mais pour l'instant, il voulait juste lui cracher sa haine, sa rage, sa rancoeur, sa juste colère au visage, exprimer les cris sourds d'une bête acculée qui gronde, de toutes ces créatures en proie à la douleur qu'elle avait causé par tous ces actes inconsidérés de tyran en manque d'amusement.
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