[Forum Archive] Jeu de rôle d'interprétation sur forum, concernant un monde futuriste et post-apoalyptique
 
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 Atlas touché, Atlas agenouillé

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Eltanin
Gérant du Sheol Bar
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Messages : 9
Date d'inscription : 10/10/2007

MessageSujet: Atlas touché, Atlas agenouillé   Sam 13 Oct - 21:22

Force tranquille, puissance endormie. Il glisse doucement, apaisé car déchainé. Atlas marche, Atlas guide, Pan sourit. Granit de douceur, il emmène le cristal et l'absent. Il guide la porcelaine et l'oubli. Chut, ton âme chante en silence, elle murmure, écoute là. Entends tu son chant ? Oui, oui ! Ah, Pan, tu aime l'entendre, tu aime ses notes voluptueuses ? Le grès se pare de mousse onctueuse, la roche d'un sourire, caressée par la brise soufflée doucement par la nuit. Eltanin, mon enfant...Encore une fois, tu a bouillis de haine, tu as laissé la rage embrasser ton esprit, la violence prendre posséssion de ton essence. Tu regrettes ? Non, non, non, jamais. N'aie pas de regret, tu es juste, tu es sinueux, tu es...Falaise. L'oubli serre tes remparts, la douleur est loin, chantonne Atlas, chantonne ce refrain de douceur qui s'éveille sur tes lèvres entrouvertes. Fredonne la mélodie qui t'étreint l'ire du souvenir. Ris de la bêtise, ris de la débilité. Pauvre rat, pauvre larve...Chut, chut, ne pense pas à ça. Pas tout de suite, ronronne comme la mer qui s'échoue sur ta crête. Tu as tranché, apaise toi...Chut, chut...

Pourquoi erres tu jusque ses portes ? Pourquoi te presentes tu devant le Père Vicié ? Hein ? Dis moi, Atlas, dis moi...Peut être sa présence rassurante ? Peut être son ombre qui danse au fond de ton esprit, peut être cette haine qui dors toujours au creux de ton âme. Tu vogues dans l'ignorance de ton choix, Eltanin. Est il bon ? Est il mauvais ? Qu'importe, tes pas ont conduit au sien du Père....
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Azraël
Nouvel Archange
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Messages : 12
Date d'inscription : 11/10/2007

MessageSujet: Re: Atlas touché, Atlas agenouillé   Dim 14 Oct - 22:10

Il glisse, étourdi, dans l'étreinte de ces caresses spectrales, il se laisse emporter, inconscient, vers ce sommeil sans rêves, cette douce brume... Il est triste, si triste, le frêle et fragile volatile, et cette douleur qui l'embrasse, qui l'embrase, avide, qui le lacère, déchire ses entrailles, sublime et immonde... C'est tout un monde qui crache sa bile poisseuse et rougeâtre,, des flots de sang, encore et encore... intarissables. Il voudrait enfin rejoindre cet Hadès trompeur aux allures de Morphée, mais il en est incapable. Chaque larme, comme une supplique déchirante et désespérée, chaque larme qui s'échappe le retient encore un peu, encore un tout petit peu à cette existence pour laquelle il a toujours lutté... Chaque larme, chaque gémissement le raccroche, comme des ongles qui s'accrochent et fendent le coeur en entaillant, strident, en un murmure d'horreur, l'horrible prison de fer qui se referme sur lui tel un cercueil, crissant sur la chair...

Il voudrait hurler, se débattre, arracher cette balle qui viole l'intimité de ses entrailles, comme un phalus froid et immonde qui le déchire et l'écartèle, comme une lame vibrante dans une onctueuse mélodie. Mais, déjà, des bras forts et puissants vers d'autres rivages lointains l'emmènent... Il ne voit plus rien, mais il lui semble qu'à chaque pas la vie, cette vie qui lui est si précieuse et si chère le fuit, découle de ses veines et se mêle à ses pleurs aux vents éparpillés, comme autant de pétales couverts de rosée qu'effeuille la main d'une jeune fille alanguie...

Il se meurt... et cette attente prolongée du messager des ombres éternelles, comme un homme ivre de désir qui voit lentement s'approcher, voluptueuse et féline, la délicieuse ondine qui sur ce rivage au sable doux et blanc enveloppé du murmure des eaux et des caresses du vent qui en chassant les nuages forme des voiles aux baldaquins de ce merveilleux lit croit maintes fois que la folie finira par l'emporter ou ce plaisir devenu douleur le fera succomber. Pourquoi donc ne pouvait-il pas enfin crever, là, tranquillement, plutôt que s'obstiner dans ce combat acharné pour conserver ce qu'il lui reste de forces et d'espoirs...?

Soudain, il éructe, et un filet de sang s'échappe de ses lèvres entrebaillées, comme des portes de plus en plus froides qui se parent des teintes bleutées qu'on ne voit plus qu'aux cadavres glacés qui reposent, encore jeunes dans leur mort, sous la stelle d'une tombe... des portes qui laissent filer contre la terre blanche et moite de son menton tremblant la vermeille traînée aux reflets d'Achéron...

Oh, il est triste, si triste, le chétif chérubin, le rêveur poète... Il aime ses dieux, mais il ne voulait pas les rejoindre tout de suite... Il avait encore tant de tâches à accomplir et un si bel amour à vivre... Oh, comme il voudrait que ces larmes amères, que ces pleurs tels ceux d'un phénix lui donnent le courage de lutter, encore un peu, encore un tout petit peu... Sheena... Où es-tu tendre amie...? Près des reflets du Jourdain, goûtant au calme paisible de ces berges encore sereines et vierges, ces doux paysages que la main de l'homme n'est parvenue à entacher dans ses tueries barbares...? Un air lointain et rêveur conférant à ton charmant visage un charme à faire pâlir les nymphes des plus lointains rivages...? Ou forcée de le trahir, l'enfant anémique, le lutin innocent et rachitique, alors qu'un homme pétrira ta chair sous son étreinte sordide, tandis qu'Azraël s'envolera sans pouvoir te haïr... toujours pardonnée... comme une reine que l'on ne peut qu'adorer.

Une source musicale, timbre limpide auquel l'air d'une respiration sifflante confère quelque chose d'horrible, ce je ne sais quoi d'éphémère et fragile aux relents d'espoirs qui fait se serrer les coeurs sensibles, des halètements de cygne agonisant qui laisse s'épanouir sa dernière mélodie, une plainte à peine chantonnée, maladroitement et difficilement murmurée... L'écho d'un chant franchit la bouche ensanglantée, hymne d'amour et de douleur entremêlés...


"Ma douce amie, mon nectar de vie..."

Une larme, une seule, tombe sur le sol comme un éclat de rêve brisé, un cristal qui se fracasse en des milliers d'étincelles éparses... Il ne peut en dire plus, le jouvenceau famélique à la voix angélique... Cet élan de tendresse, c'était trop...








Il n'est pas encore mort... Il respire, faiblement, à grand peine, son coeur cogne de plus en plus lentement, de plus en plus imperceptiblement, comme des coups sourds frappés contre la mince, la frêle paroi qui l'enserre... mais il commence à se lasser, se décourager, le rythmique organe, cela lui demande tant d'efforts de continuer à maintenir la pulsation de cet univers fait de mélodies changeantes et instables et qui pourtant finissent par s'unir et former une seule, une unique et étrange harmonie...

Loin, dans un autre monde, un autre espace que celui où l'entraîne son inconscience fait d'obscurité, des gens s'agitent et s'affolent autour de son corps malingre, donnent des ordres pour le soigner, paniquent, courent, crient... Déjà la nouvelle s'étend et se propage: un inquisiteur a tiré! Plus qu'un sombre crétin, un banal fanatique qui a blessé le dirigeant de Zion, c'est un symbole: l'Amariah a frappé! Au tour de Zion de répliquer! La guerre est officiellement ouverte et déclarée: l'Amariah a tenté de faire tomber Zion en lui portant un coup fatal!

Les gens grondent, des serafims téméraires dans un réflexe, un geste naturel portent la main à leur arme... Mais les plus réfléchis les calment: peut-être est-ce un accident disent certains, il faut ouvrir une enquête disent les autres, mais enfin tous tombent d'accord sur un point: il faut attendre les ordres des supérieurs.

Ignorant de la pagaille et du tumulte qu'involontairement il crée, Azraël par les secours sur un brancard est hissé et mené en urgence vers une salle d'hospitalisation de la Babel Corp alors qu'on aide son organisme à survivre avec les premiers soins appropriés, tandis qu'un responsable va saluer son sauveur et la créature androgyne qui l'accompagne et leur demande de bien vouloir attendre l'arrivée des inspecteurs et de la police pour leur conter leur version des faits, et leur propose également de patienter dans une salle plus appropriée.


[Bon, désolé, je me suis permis de faire avancer quelque peu l'action... J'espère que vous ne m'en tiendrez pas rigueur, mais puisque certains inquisiteurs oublient de rester à leur place et ne prennent aucunement en considération les enjeux politiques et la complexité des luttes de pouvoir, j'essaye de sauver du mieux que je le puis mon personnage et faire réagir en conséquence les membres de Zion...)
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Sheena
Maquerelle-Lieutenant de l'ombre
Maquerelle-Lieutenant de l'ombre
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Messages : 37
Date d'inscription : 10/10/2007

MessageSujet: Re: Atlas touché, Atlas agenouillé   Sam 27 Oct - 21:07

Sheena, la belle panthère, être de passion et d'autorité est bouleversée. Les nouvelles vont vite, surtout quand on est lieutenant de l'ombre, surtout quand ses louves errent dans la ville, qu'elles assistent au crime le plus atroce. Déjà, les murmures tirent la féline de son univers de luxure. L'archange a été frappé, l'archange est blessé, l'archange se meurt. Un colosse a été vu emmenant le fragile oiseau entre ses bras puissants, un homme est resté à terre, un autre a suivit. Vrai, faux, coupable, innocents, tout cela n'a aucune importance. Sheena est inquiète, Sheena ne peut accepter que l'on s'en prene à son ange, que l'on soit assez stupide pour attaquer ouvertement le dirigeant de Zion.

Alors, la maquerelle, l'erelim portée par les ailes de l'amour, cruel cupidon qui se joue des êtres comme elle, alors elle enfile ses sandales de vent et se précipite pour savoir. Elle se précipite comme une maîtresse vers son amant, comme une subordonnée vers son supérieur. Les Seraphims, la police, tous doivent déjà être sur l'affaire, mais elle, elle n'est pas soumise à la loi. Elle, elle peut venger son ange, elle peut anihilier la vie de cet hérétique qui bafoue une vie aussi belle. L'action lui permet de ne pas sombrer, la vengeance la porte. Elle n'est qu'une prostituée, elle connait sa place, elle ne veut pas causer de tort à Azraël. Se précipiter à son chevet ne serait-il pas une grossière erreur? Et pourtant, elle meurt d'envie de s'assurer qu'il peut être sauvé, elle est prête à lui offrir son sang pour cela.

L'humain chétif a laissé place à un lamia fragile. La colère en apprenant ce geste avait été fantastique. Pourquoi avait-il choisi de se dénaturer ainsi, lui qui avait eu la chance de naître normal? Mais devant ce regard, elle n'avait pu s'embraser longtemps. Et elle avait compris. Elle avait compris cette peur atroce de vieillir, de mourir, cette opportunité qui s'offrait à lui, le figeant à jamais dans la jeunesse. Et elle avait aimé ce lamia nouveau, qui n'était rien d'autre que l'ange mélancolique se promenant sur les rives du jourdain.

Et elle est là, dans l'etemenanki, cette sublime nymphe gracile et si forte. Son regard est tourmenté, son visage inquiet. Elle ne porte pour seule parure que des draperies soulignant sa silhouette déliée, affolant les sens des hommes. Jeux de voiles qui laissent entrevoir sa peau dorée, sa peau tatouée. Sa crinière léonine n'a aucune contrainte et lui donne des airs conquérents. Et pourtant, elle a peur. Peur pour son ange. S'il disparait, elle n'est plus rien, plus qu'une coquille vide, un corps sans âme que les hommes pourront se partager. Avec lui, elle est Sheena, elle est belle, elle est noble, elle est princesse, sans lui, elle n'est qu'une pute, qu'une marionnette aux fils coupés.

Elle ne peut le voir, elle sait que les médecins font tout leur possible. Peut-être verra-t-il cela comme une trahison, peut-être comprendra-t-il, mais elle sera heureuse de s'expliquer avec lui, de l'abreuver de son amour si pur. Pour le moment, elle veut comprendre. Elle n'a aucune autorité en la matière, mais elle se dirige vers le colosse et son compagnon, elle les reconnait d'instinct. Elle se plante devant eux, elle est écrasée par la taille de l'atlas, un terach comme elle. Pourtant, il semble presque doux, colosse de pierre aux allures placides.

- "Je sais qu'on vous a posé la question des dizaines de fois, mais dites-moi ce qui s'est passé. Je ne suis pas la police, je n'ai aucune autorité, je ne suis que l'ombre de l'archange et je veux savoir la vérité."

Sa bouche délicate et pulpeuse prend un air décidé, elle est belle la déesse vengeresse, replendissante dans sa détermintion. Et pourtant, son coeur tremble. Une question lui bûle les lèvres, son corps se tend vers le lieu qui retient Azraël prisonnier. Et une fois de plus, elle maudit sa condition. Une prostituée qui se précipite au chevet de l'archange, cela fait désordre. Lui, il n'en a cure, alors elle se doit d'être sage pour deux. Mais cela fait mal, tellement mal...

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Caleb Bognosco
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Messages : 12
Date d'inscription : 10/10/2007

MessageSujet: Re: Atlas touché, Atlas agenouillé   Mar 30 Oct - 6:21

Et dans les traces de l'ombre féline, lugubre corbeau virevoltant d'une carcasse à l'autre dans un anguleux vol de jalousie, le second lieutenant non officiel de Zion se coula dans les entrailles du bâtiment, en y imposant le silence de ses étincelantes prunelles au brun pailleté d'un vert radioactif. Muets, stupéfiés, les Seraphims ne savaient plus quoi penser: où était-il, l'arrogant Lamia plein de nonchalance? Où était-il, cet insupportable idiot, vulgaire, suffisant, d'une élégance insupportable pour sa condition d'imbécile crâneur? La verve était oubliée, et du Bognosco qui entrait autrefois dans l'Etemenanki comme dans sa résidence d'été, il ne subsistait qu'un Caleb enseveli dans un long manteau noir, l'oeil furieux dans un visage triste.

L'Archange était blessé, peut-être que l'Archange était mort. Grand bien lui fasse, le Lamia s'en fichait. Bon, non, peut-être pas tout à fait. Pas du tout, même. C'est que les insupportables élucubrations du vampire nouveau-né commençaient à le séduire, dans ce lourd climat d'inquisition. Ce n'était qu'un gamin orgueilleux, ce qui était méprisable. C'était un prophète d'une sensibilité démente et d'une splendide intelligence, ce qui était admirable. Et quand la conscience de Bognosco le poussait à haïr, ses tripes et ses souvenirs de leur seule entrevue le portaient à une hébétude transie qui était au-delà du respect. Le Nouvel Archange lui était incompréhensible, et pour cela il était déstestable, et pour cela il était fascinant.

Mais en ce jour sinistre, ce n'était pas ce plomb injustement fiché dans les entrailles du chétif héros qui assombrissait ainsi le lieutenant du Karyukai.

C'était sa propre lâcheté fasse à la capuche noire de cette silhouette anonyme qui avait si précipitamment quitté la maison close pour accourir au chevet du blessé.

Elle l'avait provoqué, ils avaient joué. Il avait gagné, mais à quel prix, après quelle honte. Et toutes les bonnes résolutions qui s'en étaient suivies, cette surveillance assidûe pour la protéger, cet inspecteur douloureusement détourné, ces maquereaux amateurs pulvérisés... Que valaient tous ces menus détails face au souvenir poisseux d'une gorge violée? Face à la brûlure lancinante de cet instant où, apprenant qu'elle était tirée d'affaire, il avait fui, oui, il avait fui sans se retourner. Pour ne pas croiser son regard lorsqu'elle se réveillerait, et pour ne plus jamais le croiser, d'ailleurs.

Et pourtant, il osait encore se montrer possessif, il osait encore s'avouer jaloux - jaloux? Grand Dieu, son coeur s'était serré de la savoir à l'inauguration de l'Opéra au bras d'Azraël; il s'était déchiré de voir la passion muette et secrète qui l'avait précipitée auprès de l'oisillon terrassé. Pendant qu'il tergiversait et se noyait de remords, la jolie panthère avait rencontré son contraire. Et elle l'avait aimé.

Pourquoi la suivre jusqu'ici? Il n'aurait su le dire. Si c'était pour confirmer la raison de sa présence, si c'était pour broyer les morceaux épars de son égo en miettes, il n'aurait eu qu'à s'avancer dans la salle d'attente, lui demander, savoir. Mais il s'était contenté de rester dans le couloir, l'oreille aux aguets, les muscles contractés, ignorant à qui elle parlait et n'en ayant rien à faire. Simplement là, prêt à rajuster son habituel masque de suffisance si on le remarquait, simplement là à attendre la suite. La confirmation de sa couardise et de son arrogante stupidité.

Azraël était blessé, et c'était grave. A l'étrange archange Sheena était dévouée, et c'était la fin du monde.
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Monodiela
Ombre Inquisitrice de l'Evêque
Ombre Inquisitrice de l'Evêque
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Localisation : A la droite d'un Lys

MessageSujet: Re: Atlas touché, Atlas agenouillé   Mar 30 Oct - 6:37



Une fleur tout juste coupée, embaumera l'air de sa fraîcheur, de ses effluves délicats...
Une fleur fanée, ramassée, perd un peu de son odeur, un peu de son éclat.
Mais pas de sa douceur.


Le Frère n'écouta pas l'appel. Le frère s'est fait sourd à la prière. Peut-être avait-il une mission plus urgente, plus princière. Monodiela est triste, elle est triste la fleur, et ce qui l'étreint, presque tendrement, elle lui répond et le frôle, sur son épaule, alors que l'oiseau agonise.
Un oiseau blessé, une fleur fanée sur cette montagne tonitruante, s'aurait pu être un conte. Un conte pour enfant. Monodiela les aime, ils sont pleins de bons sentiments, d'amour et d'hirondelles, et à l'horizon, ils ont toujours un nouveau printemps.
Quand la réalité, se fait ici, hiver éternel.
Et l'ange bleu, lui, devient rouge. Oh, c'est joli le rouge, c'est vrai que c'est joli, cisaillant le blanc, striant ça et là, d'un peu d'écarlate, cela anime, cela, cela répond, cela sent bon aussi. Le sang.
Son petit nez légèrement retroussé, hume l'air à la manière d'un chaton, les yeux fermés, il se laisse porté, grisé de pourpre, il se sent bien.
Bien?
Bien?

En es-tu persuadé?
Oh oui, Oh oui, là près de ses cornes, là en dessous de sa belle crinière, qui réchauffe; provocant frissons qui alanguissent; qui berce et pourtant fleurit à la naissance de sa gorge comme enjolivant et attirant à la fois, attirant qui? Attirant quoi?
Ses doigts y courent déjà.
Elle la caresse.

Le monde n'existe pas.
Monodiela sent cette énergie qui pulse à contre sens, la rage bouillonnant, il le sent et s'en saoule, s'en approche, s'en accroche , les gestes pleins de grâce, une élégance dans ce regard vert devenu flou, devenu fou.
Ce regard vert qui s'enivre de ce qu'il coule, ce qui frémit, ce qu'il caresse.

Non Monodiela.
Du poison, c'est du poison !
Qu'aurait dit Eve en croquant dans la pomme?
Poison !
Poison !

Mais tu n'as déjà plus de raison, Monodiela, et même la voracité chez toi, s'enveloppe de douceur, d'affection, sentiments confus pour te remplir un peu l'intérieur...
Pour te remplir le coeur.

Il touche, il sent, il laisse courir ses lèvres délicatement, comme le ferait un nourrisson cherchant le sein maternel, comme le ferait aussi l'amant cueillant l'aumône d'un serment d'éternel... La fleur exulte, frissonne, se love et s'agrippe, enlaçant cette gorge qui lui est offerte...
Avant de croquer dans la pomme, qu'a t-elle dit ?


Des bruits Oh, tant de bruits, qui désarçonnent soudainement sa danse lascive, sa félicité. Des bruits, des lumières, des cris.
Et même des hurlements.
Il est tout étonné, comme réveillé, Monodiela, comme réveillé et tout son corps n'est plus qu'un immense brasier qui transpire, qui l'écorche. Le désir. Le manque. Il est tout proche de s'évanouir, de s'évanouir embrasé par ce fluide inconscient, par ce corps si puissant, par ce sang virulent !

Ce pantin désarticulé, qui s'amuse à ses dépend, provocant émois irraisonnés et langueurs aguerries...
La fleur sourit.
Le corps se tait, silencieux, elle n'en a plus les rênes. Ces mains ne lâcheront pas l'étrenne.
Pourquoi ne répond t-elle pas, cette enveloppe ? Pourquoi se fait-elle charnelle, si le temps d'après, elle se fait veule ?
Pourquoi déjà ?



" Oh tiens, tiens, tiens, tiens.
Cette bâtisse, je la connais déjà."

murmure la fleur, au géant.
"C'est le mal, c'est l'origine du mal, c'est la cause du trépas."



***


" Miss Morje, comme je suis heureux de vous retrouver.
- ne va pas te faire l'illusion que c'est partagé.
Un regard vert, un regard de tendre pousse, pourtant éclatant, un regard vert défiant, volontaire, implacable, un regard conquérant !
- Comment avance le projet ?
- Tu n'as qu'à lire les rapports.
- Allons ma douce, aurais tu oublié toutes les soirées que nous avons passés? , susurre l'homme en l'enlaçant.
La jeune femme malingre s'ébroue et s'échappe des bras carnassiers.
- Oh non, je ne pourrai pas oublier. Même si je le souhaitais. C'était dans le contrat n'est ce pas? C'était dans le contrat.
J'ai respecté ma part, jusqu'à me saigner, jusqu'à la prendre cette fichue pilule !
Pour votre sacro-sainte évolution. A toi de respecter la tienne.

La voix se racle, plus durement.
- Si tu ne fais pas de concession, Araniel, si tu ne fais pas de concession, les recherches se freineront, tu le sais bien, les recherches pour elle."
son regard se fait terne, elle ne retient pas la main qui l'empiète et la salie, elle cherche ailleurs, de quoi oublier, de quoi se rappeler que le monde n'est pas qu'horreur... Elle cherche en son sourire, en son regard à elle... Et ses yeux verts si tristes s'illuminent d'une joie fugace. Espérance, elle n'est qu'espoir, elle subira tout, tout ! Elle la sauvera, son plus beau joyau...

***


Cela déchire ses chairs, cela lui pourfend le coeur, la douleur, la douleur, surgit en slave répétée, Monodiela hoquette, Monodiela ne veut pas regarder !

Une question surgit, un appel désespéré, un monstre, un de plus, un qui tressaillit, un qui est inquiet.
Une créature d'Eden, une créature de sulfure, une créature qui mît fin à ce flash, à cet imposture, à cette mémoire annihilée, celle dont le sceau ne devrait être bafoué. Elle fait pitié la bête, elle fait pitié, mais Monodiela est terrifié, terrifié car il ne voit plus ce qui l'entoure, non, non, non, ce sont les lambeaux passés qui surgissent, qui l'ensevelissent, et la fleur refuse d'être enlisée, d'être asphyxiée, la fleur ne veut pas y retourner !

"S'il te plaît, s'il te plaît Terach, nous ne pourrons les sauver tous, pas maintenant, s'il te plait, s'il te plaît, s'il te plaît, allons nous en !"
"Il est là le mal, il est suintant, il est dévorant, je le sens dans mes entrailles, il... il... il..."

Elle supplie, elle gémit et bafouille, elle ne peut s'empêcher de trembler. Des images, des images qui surgissent, bafouant son intimité, son amnésie protectrice !
Non, non, non, non ! Monodiela a voulu oublier ! Pour le bien de tous !

Elle se réfugie la fleur, elle se réfugie plus profondément encore en ses mèches noires, en son corps protecteur, elle enfouie son visage et ses yeux pleurent, pleurent ce qu'ils n'arrivent pas à comprendre.
Elle aimerait tant être ailleurs, elle aimerait tant !
Loin de l'oiseau mais si près des cieux, loin de ses odeurs qui perdent son âme, loin de tout, et tout au calme.
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