[Forum Archive] Jeu de rôle d'interprétation sur forum, concernant un monde futuriste et post-apoalyptique
 
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 Maxime Verran [Inspecteur]

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Max Verran
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Messages : 6
Date d'inscription : 11/10/2007

MessageSujet: Maxime Verran [Inspecteur]   Sam 13 Oct - 13:23

Nom : Verran
Prénom : Maxime
Surnom : Maxouille


Âge : 28 ans
Race : Humain
Clan : Gouvernement
Rang : Inspecteur mi-ange, mi-démon


Description physique :
Max est un jeune homme grand (un peu moins d'un mètre quatre-vingt cinq), de carrure moyenne.
Son visage ovale est entouré de cheveux mi-longs en bataille, de couleur brun clair, et est surplombé d'un front plat et large. Ses yeux ont une couleur bleu-vert assez atypique, et entourent un nez fin, quoiqu'un peu long, au contour parfait. Ses pommettes légèrement saillantes sont soulignées par des joues un tantinet creusées, au milieu desquelles on trouve une bouche ni trop grande, ni trop petite, aux lèvres de taille moyenne. Sa mâchoire carrée se termine par un menton légèrement en galoche, bien qu'on ne le remarque pratiquement pas. Assez souriant, il est charmant, voire même beau pour une grande partie de la gente féminine. En général mal rasé, il a un sourire charismatique, avec des dents droites et blanches, et un regard déterminé.
Au niveau de sa silhouette, à part sa grande taille, on remarque sa musculature assez développée. Ses bras sont larges et puissants, son torse finement musclé et ses jambes longues et stables. Sa démarche est assurée, la tête droite, les épaules hautes. Contrairement à la plupart des personnes de grande taille, il a un maintient important et se tient droit comme un tuteur. Côté vêtements, lorsqu'il est en fonction, il arbore un costume noir et une chemise blanche avec cravate ainsi qu'un holster contenant son arme camouflée sous son bras, tandis qu’il adopte un style beaucoup plus décontracté pendant son temps libre: un pull ou un t-shirt avec un jean suffisent à faire son bonheur, bien qu’il veille toujours à avoir des vêtements « dans le vent ». Il porte à la main droite une bague de fiançailles, qui est composée d’un anneau en or attaché à un anneau d’argent.

-Description caractérielle :
Max est quelqu’un d’assez spécial, car sa personnalité change du tout au tout entre ses moments de loisir et ses périodes de boulot.
Il est particulièrement intelligent. Doté d'un QI de 160, il a des capacités d'apprentissage et de mémorisation importantes. On peut cependant en douter lorsqu'il est en fonction, car on ne peut pas vraiment dire qu'il fait dans la dentelle. Bourrin et impulsif, il fonctionne à l'instinct, et utilise rarement ses cellules grises, ce qui peut paraître surprenant lorsqu'on connaît ses prédispositions intellectuelles, mais j'y reviendrai plus tard. Il est extrêmement logique et adopte une démarche très terre à terre. Quoi de plus normal pour un homme qui excelle dans le domaine scientifique. Cet esprit cartésien explique d’ailleurs son athéisme, bien qu’il trouve les membres de Zion trop extrémistes dans l’ensemble. Il aime la musique et le sport, mais aussi le cinéma et les jeux vidéo. Dans sa vie personnelle, il est assez sociable, sans pour autant être très extraverti. Il est gentil et généreux, même si cet adjectif est un peu trop excessif pour qualifier son comportement. Il est souvent entouré de ses amis, bien qu’il n’en ait pas des tonnes contrairement à certaines personnes. Il aime rire mais ne fais pas souvent de blagues. Il est sympathique, et ouvert d'esprit, il n’a aucun préjugé et se montre tolérant en toute circonstances, ce qui lui vaut d’avoir des connaissances hétéroclites. Il a tendance à être cependant un peu pessimiste, et sa vie lui semble si pleine de regrets qu’il ne prend jamais le temps de penser au passé. C’est peut-être la raison ce comportement lorsqu’il enfile son costume de flic.
Car lors de son travail, il est froid et détaché, que ça soit avec ses collègues ou ses supérieurs. Il est même agressif avec les personnes qu'il est censé arrêter. Grande gueule, il n'hésite pas à dire ce qu'il pense, et se fiche totalement de ce que son interlocuteur peut penser de lui. Colérique lorsqu'il n'est pas glacial, peu de gens aiment travailler avec lui, ce qui ne le gène pas particulièrement: il n'est pas là pour se faire des amis. Il est perfectionniste et a le goût du travail bien fait. Il est donc un très bon inspecteur d'un point de vue professionnel, et ce malgré quelques dérapages dus à son impulsivité. Il peut parfois même se montrer sans pitié si on ne répond pas à ses attentes. Il peut paraître arrogant pour certains. Il est cynique, fait preuve de sarcasme et adopte souvent un humour noir extrêmement corrosif qui est très loin d’être du goût de tout le monde.
Il est un personnage compliqué car adorable pour ses proches mais détestable pour ses collègues. Pourtant, il n’est frappé d’aucune forme de schizophrénie, et se porte très bien d’un point de vue psychologique. Cette ambiguïté n’est comprise par personne. Et pourtant, il existe bien une raison à cela.

Style de combat et armement :
Quand on est inspecteur, il faut être bien équipé. Et de ce côté-là, on ne peut pas dire que Max soit à la traîne. Son arme de service est un concentré de technologie, qui lui a coûté un prix astronomique, mais qui l’aide à être plus performant en combat. Il s’agit d’un pistolet de type 9 mm de marque « Alternative », de modèle «Golgotha ». Son canon est compatible avec deux types de balles spéciales.
Premièrement, les HVB (High Velocity Bullets) : la balle atteint (ou n’atteint pas…) la cible pratiquement avant qu’on ait pressé la détente… L’intérieur du canon, chargé électriquement, peut alors insuffler un courant dans la balle, qui crée souvent des éclairs en atteignant sa cible. Deuxièmement, les balles ExIm, explosives au contact. Pas très subtil, mais efficace.
L’inconvénient est que ces munitions sont extrêmement chères. Elles sont donc à utiliser avec parcimonie. De plus, l’arme fonctionne avec deux chargeurs : l’un pour les balles orthodoxes et un autre pour les balles spéciales. Et c’est là que le bât blesse : pour recharger, il faut ouvrir le chargeur, le charger manuellement, car il est impossible d’en rentrer un rempli, puis de le refermer et d’enclencher le mode « balle spécial », grâce à un interrupteur. Le temps de recharge est donc considérable.
Enfin, si il est désarmé, il pourra essayer de s’en sortir à courte portée, car il a pratiqué le karaté plusieurs années dans sa jeunesse. Il porte également une lame télescopique à la ceinture. Repliée, elle a la taille d’un poignard, mais une fois la lame totalement sortie, elle environne les 40 cm, ce qui peut servir en combat à courte et moyenne portée.

Signes particuliers : Il est ambidextre.
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Max Verran
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MessageSujet: Re: Maxime Verran [Inspecteur]   Sam 13 Oct - 13:23

Histoire [1/5]:

Hôpital central, Centre-ville, Assiah
04h56

« Et voilà madame, c’est un ravissant petit garçon ! »
La sage-femme posa le nouveau né sur le ventre de sa mère, qui le prit dans ses bras. Son mari caressait la tête de l’enfant délicatement. Le gynécologue jeta ses gants et sa blouse dans une poubelle dans le couloir en quittant la chambre, non sans avoir féliciter les nouveaux parents. La sage-femme, dont la blouse blanche se fondait avec les murs immaculés de la maternité sortit un bracelet pour bébé et un stylo de sa poche.
« -Comment avez-vous décidé de l’appeler ? »
La mère, trop affaiblie ne pu dire un mot. C’est son mari qui s’en chargea.
« - Maxime. »

*_*_*_*_*


Immeuble d’habitation, Centre-ville, Assiah
17h49

Max regardait par la fenêtre. Du haut du vingtième étage, il pouvait voir le toit des voitures bloquées au feu tricolore dans la rue. Perdu en plein centre-ville, l'appartement dans lequel il vivait était entouré d'immeubles tous plus haut les uns que les autres. Il ne pouvait pas voir l'horizon, juste des buildings qui semblaient s'étendre à perte de vue vers le ciel. Il avait eut cinq ans deux semaines plus tôt. Il avait tout juste terminé un dessin et attendait impatiemment l'arrivée de son père pour le lui montrer. Il rentrait toujours à dix-huit heures, et il était environ dix-sept heures cinquante. Max regardait toujours les voitures. Dix-huit heures dix, toujours pas de signe de son père. Ca ne devait pas être très grave, il lui arrivait d'être en retard quelques fois. Dix-huit heures trente. Toujours personne. Dix-neuf heures. Max était encore à la fenêtre. Sa mère n'était pas là, elle était partie avec sa petite sœur et son petit frère faire des courses. Le petit garçon se sentait seul. Ce n'était pas normal. C'est alors que la sonnerie du téléphone retentit dans l'appartement vide. L'enfant se précipita sur le combiné.
"-Allô oui?
-Coucou mon chéri, c'est Papa."
Le petit garçon eut chaud au cœur.
"-Pourquoi t'es pas encore rentré?
-C'est parce que je suis allé accompagner Maman à l'hôpital.
-Elle est malade?
-Non, pas du tout. Elle vient d'accoucher.
-Ca veut dire que mon petit frère est sortit de son ventre?
-Oui, c'est ça! Je viens te chercher tout de suite, on va voir Maman à l'hôpital, d'accord?
-D'accord! Bisous Papa!
-Oui je t'embrasse, mon Chéri!"

*_*_*_*_*



Quand M.Verran et son fils aîné arrivèrent à la maternité, une sage-femme prit à part l'homme. Max alla rejoindre sa mère dans sa chambre. Elle le prit dans ses bras et déposa un baiser sur son front. Étant seule dans la chambre, le petit garçon s'installa sur le lit inoccupé à côté de celui de sa mère. Voyant ses cernes et son teint cireux, l'enfant s'inquiéta.
"-Tu vas bien Maman?
-Oui, ne t'en fais pas, Maman va bien, je suis juste un peu fatiguée."
Rassuré, l'enfant s'allongea sur le lit.
"-Je suis content d'avoir un autre petit frère, déclara-t-il.
Sa mère fut assez surprise.
-Vraiment? Eh bien, je suis contente que ça te plaise! Parce que tu vas devoir le supporter toute ta vie!"
Un sourire malicieux se dessina sur les lèvres de Mme Verran. Elle ignorait encore à quel point ces paroles allaient se révéler être vraies…
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Max Verran
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MessageSujet: Re: Maxime Verran [Inspecteur]   Sam 13 Oct - 13:23

Histoire [2/5]:

Cela faisait maintenant six ans qu’Adam était venu au monde. Malgré quelques jalousies de la part de Sally et Max, ses aînés, la famille accueillit le petit dernier avec bonheur. L’appartement fourni par l’entreprise dans laquelle sa mère travaillait, fut bientôt plein à craquer de jouets et de joies. La famille connut des années merveilleuses, sûrement les meilleures. Mais aux environs de trois ans, les parents furent convoqués pour un entretien avec l’institutrice d’Adam. Celle-ci leur expliqua qu’elle avait remarqué des comportements étranges chez lui. Il passait souvent ses récréations seul et n’arrivait pas à s’intégrer à ses camarades. Elle avait d’abord pensé à une timidité maladive, mais très vite elle avait observé d’autres comportements inquiétants : il avait des sujets de conversation et des centres d’intérêts qui ne semblaient intéresser que lui, il avait de lourd problèmes pour imaginer des choses ou visualiser une situation et manifestait des signes d’anxiété très important lors de changements brutaux. Inquiète, elle leur conseilla de voir un psychiatre qui pourrait voir si tout allait bien chez Adam. Soucieux de la santé de leur enfant, il suivirent ce conseil et consultèrent un spécialiste. Il observa le petit garçon quelques minutes, épiant ces moindres faits et gestes, le questionnant sur diverses choses et lui proposant des activités à faire. Mais il ne lui fallut pas des heures et des heures pour diagnostiquer chez l’enfant un syndrome d’Asperger, une forme d’autisme assez rare qui entraîne de graves troubles de la communication, sans pour autant affecter le langage ou l’intelligence de l’enfant.
Cette nouvelle bouleversa M. et Mme Verran, qui ne doutaient de rien. Avait alors sept ans. Malgré son intellect, il ne comprit pas réellement de quoi il était question lorsque ses parents lui expliquèrent ce qu’avait son frère. Ce n’est que quelques mois plus tard, qu’il comprit vraiment ce que cela impliquait. Car la maladie entraînait chez Adam de graves crises de panique si il était confronté à quelque chose d’inattendu ou de brutal. Ses parents fixèrent donc une routine stricte, que tous les membres de la famille devaient suivre à la lettre. Ils restaient toujours derrière lui pour bien s’assurer que tout se passait bien. Sa mère arrêta de travailler, et l’accompagnait à l’école. Elle faisait bien attention à ce que rien ne le perturbe aussi bien à la maison qu’à l’extérieur. Mais si elle était omniprésente pour Adam, on ne pouvait pas dire que c’était le cas pour ses autres enfants. Son attention était monopolisée par cet enfant malade, au détriment des trois autres. Ils devaient très souvent se débrouiller tous seuls, pour leurs devoirs, pour les tâches ménagères, ou encore pour sortir avec les amis, personne ne pouvant les transporter, le risque de perturber Adam étant trop fort. Leur père rarement à la maison, à cause de son travail qui accaparait pratiquement tout son temps, ils durent très vite apprendre à ne compter sur eux, même si c’était surtout Max qui s’occupait de Sally et de Raphaël. Ses très bonnes notes à l’école lui permettaient de leur venir en aide lorsqu’ils ne comprenaient pas leur leçon et tentait tant bien que mal de les encadrer. Dés l’âge de huit ans, il devait déjà s’occuper de son frère et de sa sœur, presque comme si ils avaient étés ses enfants. Mais pouvait-on vraiment blâmer ses deux parents dépassés, qui ne rejetaient pas leurs enfants, mais qui n’avaient tout simplement pas le temps de s’en occuper ?

*_*_*_*_*


Immeuble d’habitation, Centre-ville, Assiah
18h02

Max poussa la lourde porte d’entrée.
« -Coucou Maman !
- Ah, mon chéri !! »
Sa mère l’embrassa sur la joue. Il entendit alors une autre voix.
« - Salut Max ! »
Le petit garçon tourna la tête vers son frère.
« -Salut Adam ! Qu’est-ce que tu fais là ?
- Je finis les cours plus tôt le mardi !
- Ah oui, j’avais oublié… »
Il tendit une copie sur laquelle un 20/20 était entouré.
« - Regarde Maman, dit-il de sa voix fluette, c’est mon contrôle de mat... »
Il fut interrompu par sa mère qui ordonna à Adam d’arrêter de se tordre les doigts. C’était un symptôme fréquent chez les autistes frappé du syndrome d’Asperger. Voyant que son fils restait interdit, Mme Verran lui dit :
« -Oui, pardon mon chéri, fais voir ce test… »
Elle saisit la feuille et la parcoura rapidement.
« -Mon dieu, mon Chéri, c’est fantastique ! Tu te débrouilles vraiment bien ! pour te remercier, ça te dirait qu’on aille à la fête foraine au Sud ? »
L’enfant n’en cru pas ses oreilles. Il n’avait jamais entendu ça dans la bouche de se mère : elle lui proposait de faire quelque chose pour lui faire plaisir, elle avait envie de passer du temps avec lui, elle voulait s’occuper de lui. Un torrent de bonheur envahit son cœur. Il sauta en l’air tandis qu’un gigantesque sourire se dessinait sur ses lèvres. Il ouvrit la bouche pour exprimer toute sa joie, mais il fut interrompu.
« -A la fête foraine ? »
Mme Verran se retourna et vit le trouble dans les yeux d’Adam, qui venait de parler.
« -Mais on peut pas aller à la fête foraine, reprend-t-il, c’est pas dans le quartier ! Et puis on est bien là, non ? On n’a pas besoin d’aller là-bas ! »
Inquiète, elle tenta de rassurer son fils.
« -Ne t’en fais pas mon Chéri, ça se passera bien, il n’y a aucune raison de paniquer !
-Mais non, moi je veux pas, c’est pas possible, c’est vraiment pas possible ! »
Il suait à grosses gouttes.
« -Je veux pas y aller ! Je veux pas y aller ! Je veux pas y aller ! Je veux pas y aller ! »
La panique commença à se lire dans ses yeux et des larmes roulèrent le long de ses joues. Catastrophée, sa mère se précipita et le prit dans ses bras.
« -Non, mon bébé, ne pleure pas, pardon, excuse-moi, je suis désolée, si tu veux pas qu’on y aille on ira pas ! Je voulais pas te mettre dans cet état ! Excuse-moi mon bébé ! »
Max baissa les yeux. Il ne manifesta aucun mécontentement. Après tout sa mère avait déjà assez de soucis comme ça. Mais intérieurement, une terrible colère consumait son cœur. Il en avait assez. Tous ces camardes à lui, il pouvait y aller à la fête foraine. Et surtout, leurs parents les y emmenaient. Il alla dans sa chambre et déposa son sac de cours sur le sol. Il trouva deux jolis dessins sur son bureau. C’était Raphaël et Sally qui les lui avaient fait. Ils avaient marqué : « Joyeux anniversaire ! » dessus. Il avait dix ans ce jour-là, mais sa mère ne s’en était pas souvenu. Il pensa qu’après tout elle avait tellement de problèmes, qu’elle ne pouvait pas faire attention à tout le monde. Sa fureur contre son frère par contre, n’en fut qu’attisée. C’était à cause de lui qu’il n’avait pas l’attention que ses parents devaient lui porter. Il décida de ne plus jamais lui adresser la parole.
Quelques heures plus tard, il entendit un « A table » retentir. Il sortit de sa chambre et se dirigea vers la salle à manger. Il s’installa sur une chaise à côté de d’Adam mais ne lui jeta aucun regard. Mais à qui cela pouvait donc bien servir ? Quand on a une maladie qui provoque des troubles sociaux, on ne risque pas de comprendre pourquoi l’autre fait la tête. Pire encore, dans le cas de son frère, il ne se rendait même pas compte que les autres ont un problème. Et tout innocemment, il lui dit :
« -Hey, Max, tu connais l’histoire de la petite fille qui va chez le pâtissier ? »
Et sans même attendre la réponse de son interlocuteur, il raconta cette blague qu’un de ses camardes de classe avait raconté dans l’après-midi. Entendant la chute, Maxime explosa de rire. Il aurait voulu se retenir et montrer encore et toujours son mépris, mais il ne pu pas. Il vit un sourire se dessiner sur le visage de son petit frère et d’un coup, toutes les pensées de haine qu’il avait à son égard s’envolèrent aussi vite qu’elle étaient apparues. Non, vraiment, il lui était impossible de le haïr…
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Max Verran
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MessageSujet: Re: Maxime Verran [Inspecteur]   Sam 13 Oct - 13:24

Histoire [3/5]:

Institution du centre, Centre-ville, Assiah
17h30

La sonnerie sonnant la fin des cours retentit dans le bâtiment principal. Une véritable marée d'élèves sortirent des salles de classe, heureux d'en finir avec ces longues heures de cours. Max tenta de se frayer un chemin parmi la foule dense des élèves. Il avait en effet quitté ses amis pour aller chercher Adam dans le bâtiment qui servait d'école primaire dans le complexe, et le ramener à la maison. Comme d’habitude, son frère l'attendait à la porte de sa salle de classe.
"- Hey, Adam! Comment s'est passée ta journée?
- Bien, la maîtresse m'a donné deux bons points, parce que je suis allé au tableau.
Il accrocha la main de son petit frère, et commença à avancer dans le couloir.
- Ouah, super! Qu'es-ce que tu as fait au tableau?
- Des multiplications.
Ils passèrent la porte de sortie, puis firent encore quelques pas pour finalement dépasser le portail qui marquait l'entrée du complexe scolaire, pour déboucher sur le parvis. Maxime continua de poser des questions sur sa journée à son cadet, comme tous les jours d'école. Si il ne l'avait pas fait, il était garanti d'avoir à gérer une crise de panique, ce dont il n'avait aucune envie, après deux heures consécutives de latin qui semblaient avoir duré deux siècles. Et puis l'adolescent entendit un cri derrière lui.
- Hey le mongole!
Il ne fut pas surpris de voir que c'était Karl, un garçon de sa classe pensant manifestement être l'entité la plus illustre de la planète, qui venait de lancer cette insulte à son petit frère. Ce dernier, n'ayant même pas réalisé que ces gentilles paroles lui étaient adressées, fut du coup très surpris de voir son aîné se retourner.
- Qu'est-ce que tu viens de dire?
Un sourire satisfait se dessina sur le visage de Karl.
- J'ai dit: "Hey le mongole!"
Un pouffement collectif se fit entendre parmi sa "bande", entassés derrière lui.
- Karl, je tiens pas à avoir des problèmes avec toi, alors, s'il te plaît, retire tout de suite ce que tu viens de dire...
Max se mit à avancer vers le garçon qui venait de le provoquer. Celui-ci lâcha un trivial:
- Et qu'est-ce qui va se passer si j'ai pas envie de m'excuser?
- Disons que tu vas avoir un sérieux problème sur le dos.
Maxime s'arrêta à quelques centimètre de Karl. Ils avaient à peu prés la même taille, et se fixèrent droit dans les yeux. Un groupe de personnes de la classe des deux garçons, qui se tenait à proximité de la scène, sentirent vite que la situation allait tourner au vinaigre. L'une des filles qui en faisaient partie, amie de Max, fut la première à réagir.
- Karl, tu peux pas fermer ta gueule de temps en temps? Et Max, laisse tomber, c'est de la provoc', ne joue pas son jeu.
Mais les deux garçons étaient déjà sourds. Les yeux plantés dans ceux de l'autre, c'était à celui qui douterait en premier. Ils restèrent ainsi de longues secondes à se toiser, pendant qu'Adam, ne comprenant rien à ce qui se passait, commençait à manifester des signes inquiétants. Il commençait à avoir du mal à respirer et des tremblement animèrent peu à peu ses mains.
- Max, p... Pourquoi on... On... Rentre pas?
La perche tendue par le petit garçon était trop belle pour que Karl refuse de la saisir.
- Mongole, et bègue en p...
Un magistral crochet du droit en pleine figure lui empêcha de finir sa phrase. Et avant même qu'il ait pu se rendre compte de ce qui lui arrivait, il reçut un coup de pied dans la hanche. Max lui envoya ensuite un coup de coude mais Karl le stoppa net et en profita pour lui envoyer un coup de genou dan le ventre. Une petite foule s'accumula autour des deux garçons qui jouaient des pieds et des poings pour essayer de mettre l'autre au tapis. Quelques âmes charitables tentèrent bien de les séparer, mais le combat était trop violent pour que quiconque arrive à les écarter l'un de l'autre. Car si Max pratiquait le karaté, Karl avait fait du kick-boxing pendant plusieurs années. Les coups pleuvaient tandis qu'Adam hurlait, roulé en boule sur le sol. Mais son grand frère ne l'entendait plus. Il était pris dans le feu de l'action, et rien ni personne ne pouvait l'en extirper.
-Espèce de salaud! Lança Max, Connard!
Une béquille faucha les jambes du provocateur, qui tomba lourdement sur le sol. Maxime lui asséna un coup de pied dans les côtes, qui fit hurler son adversaire. Mais celui-ci n'avait pas dit son dernier mot. Il agrippa violemment le mollet de son agresseur et tira sèchement dessus. L'adolescent perdit l'équilibre et percuta avec une rare violence le sol. Surpris par cette attaque, il n'avait eu le temps de rien de faire, et sa tête se fracassa sur le pavé. Un cri d'horreur parcourut l'assemblée qui entourait les deux combattants. Le combat était terminé.
Une ambulance fut appelée. Elle transporta Maxime en urgence à l'hôpital du secteur. Finalement, il ne s'en était sorti qu'avec un hématome intra-crânien et une fissure dans l'os occipital. Mais dés sa convalescence terminée, il fut convoqué dans le bureau du proviseur avec Karl. Même si la bagarre avait eut lieu en dehors de l'établissement, le parvis faisait encore parti du domaine de responsabilité du directeur. Ils furent ainsi exclus tous les deux pendant une semaine. Et comme si ça ne suffisait pas, ses parents lui passèrent un savon, pour avoir laissé Adam tout seul et s'être battu. L'adolescent en fut bouleversé. Aujourd'hui encore, quand il y repense, il se dit qu'il aurait mieux fait d'écouter son amie, et d'ignorer les propos de Karl. Mais on ne peux pas changer le passé. Et c'est ainsi que les "Et si", furent bannit définitivement de l'esprit de Max.

*_*_*_*_*


Immeuble d'habitation, Centre-ville, Assiah
15h39

Le stylo bille grattait le papier depuis maintenant plusieurs heures. Maxime avait déjà souillé deux double-pages immaculées d'encre bleu foncé, et n'allait pas tarder à finir sa troisième et dernière copie. Il s'était mis en tête de finir tous les exercices du chapitre étudié le mois précédent en physique, pour réviser avant d'intégrer une prépa de Biophysique. Mais pour lui, ce n'était pas vraiment une corvée: il adorait résoudre des équations et utiliser des lois, sa moyenne était ahurissante, il faisait même les devoirs de tous ses amis sans qu'ils lui aient demandé quoi que ce soit. Pour lui c'était un jeu d'enfant. Il lui suffisait de jeter un oeil à une équation pour voir à peine quelques secondes plus tard la réponse. Au delà d'une prédisposition, c'était surtout une véritable passion pour cette discipline qu'il ne considérait même plus comme une matière, mais bien comme un moyen d'expression. Et ce n'était pas vraiment un intérêt qui pouvait susciter la désapprobation de ses parents. Et alors que ses camarades avaient souvent des difficultés pour faire accepter leurs projets d'avenirs ou leurs passions à leurs proches, Maxime ne rencontrait aucun problème de ce genre. En même temps, ses proches à lui avaient autre chose à faire que d'inventer un problème sur des broutilles de ce genre. Et cela ne s'était pas arrangé avec la dépression de sa mère, qui durait depuis maintenant trois ans. A la monotonie de la routine quotidienne s'était ajoutée la souffrance morale et l'effacement de sa génitrice, sans qu'aucune amélioration ne soit décelée chez elle depuis le début de sa maladie. Elle était tellement dépressive qu'elle n'était même pas heureuse lorsqu'elle avait vu les résultats exceptionnels de son fils aux examens de fin d'années. Elle n'avait pas non plus manifesté d'intérêt particulier lorsqu'il sortait avec une fille. Elle n'avait pas vraiment exprimé quelque chose non plus lorsqu'il lui avait annoncé qu'il était accepté en prépa. Et cela devenait insupportable, aussi bien pour lui, que pour Sally et Raphaël. Il en avait assez d'avoir des fantômes en lieu et place de parents, assez de voir que toute sa vie était construite autour d'Adam, assez de voir qu'il n'avait jamais eu un seul moment de complicité avec son père et sa mère.
Aujourd'hui encore, il ignore ce qui lui ait passé par la tête à ce moment-là. Mais toujours est-il qu'il ouvrit son placard et en sortit une valise, qu'il commença à remplir de ses affaires. Mais il fut interrompu par Raphaël, qui venait d'ouvrir la porte. Son jeune frère, de trois ans son cadet, avait les yeux rivés sur un prospectus.
"- Hey Max, tu sais quoi, y a une nouvelle boîte qui a ouvert à trois pâtés de maisons! Elle a l'air trop, trop, trop bien! Maintenant que t'as ton permis, t'as intérêt à m'y emme...
Le jeune homme leva les yeux vers son frère et découvrit alors ce qu'il était en train de faire.
- Mais... mais, Max! Qu'est-ce tu fous?!
- Ca se voit pas? Je me barre!
Raphaël resta interdit quelques secondes, les yeux écarquillés, la bouche entrouverte.
- Tu quoi?
- Tu as très bien entendu...
- Mais Papa et Maman sont au courant?
- Non.
- Quoi?! Et tu décides de t'en aller, comme ça...
- Oui...
- Mais t'as nulle part où aller!
- Je vais chez un pote, il a déjà trouvé un studio prés de sa fac.
- Mais Max, c'est de la folie!
- Non, c'est un réaction normale lorsque tu vois ce que j'ai enduré pendant toutes ces années.
Rapha fut profondément outré par la phrase que son frère venait de prononcer.
- Quoi?! Non mais c'est incroyable ça! C'est de l'égoïsme pur! C'est dégueulasse, comment t'oses dire ça après ce que Papa et Maman ont EUX enduré?!
Alertée par les cris de son fils, sa mère déboucha dans l'encadrement de la porte.
- Qu'est-ce qui se passe? dit-elle sur un ton absent
- Max veut se casser! hurla Raphaël
Mme Verran, pour la première fois depuis le début de sa dépression, eut alors une réaction autre que l'indifférence.
- Mais... mais... Pourquoi mon chéri?
Maxime marqua un temps d'arrêt.
- Tu veux vraiment savoir pourquoi?
Elle resta silencieuse, toujours sous la surprise de l'annonce de son enfant.
- Parce que j'en ai marre d'avoir des loques à la place de parents! J'en ai marre de toujours penser aux autres et à toujours me demander ce qui est mieux pour eux! J'en ai marre qu'on ait décidé à ma place de ce qu'est ma vie petite vie bien rangée comme il faut! J'en ai marre que vous ne remarquiez même pas tout ce qu'on fait dans cette baraque! Marre que vous ayez toujours les yeux sur Adam! Marre d'entendre toujours Adam, Adam, Adam, Adam! Marre de ne pas pouvoir vivre un peu comme tout le monde! Marre de te voir dans un état tel que tu n'as même plus l'air de tenir à nous! Marre des anniversaires oubliés, des soirées gâchées, de cette putain de routine que je suis obligé de supporter depuis que j'ai cinq ans! T'entends ça?! J'EN AI PLEIN LE CUL DE CETTE PUTAIN D'VIE D'MERDE!
Sa voix grave résonnait dans l'appartement. Il laissait exploser tout ce qu'il avait contenu durant toutes ces années, toute sa colère s'exprimait enfin. Mais il avait malheureusement choisit le mauvais moment. Une larme perla sur la joue de sa mère. Elle le fixait, droit dans les yeux, le regard plein d'incompréhension et de chagrin. Elle n'arrivait même plus à articuler un mot. Mais pas Raphaël.
- Comment oses-tu dire ça? Comment oses-tu balancer ça à Maman alors qu'elle est dans cet état?!
- Il fallait qu'elle y réfléchisse avant!
- Tu manques pas d'air! Comment tu voulais qu'ils soient dispos?! Notre frère est malade! Tu comprends ça?! Il est autiste! Mais est-ce que tu t'en rends compte au moins?! Tu crois que ça leur faisait plaisir à eux de vivre cette vie? Tu crois que Maman avait envie de s'arrêter de travailler pour s'occuper d'Adam à plein temps?! Tu crois sérieusement que ça plait à Papa de voir sa femme dépressive quand il rentre du boulot?! Tu penses qu'il faisait la fête quand ils se rendaient compte qu'ils avaient oubliés nos anniversaires?! C'est un coup du sort! On y peut rien, il faut vivre avec, même si c'est injuste, même si on méritait pas ça!
Son frère disait juste. Mais Max avait trop peur de se contredire ou de se résorber. Dans un accès d'orgueil, il prit sa valise et sortit de sa chambre, en bousculant Rapha. Il se dirigea vers la porte d'entrée et posa sa main sur la clenche. Il entendit alors la voix de sa mère retentirent dans son dos.
- Non, ne t'en vas pas mon Chéri! Par pitié, reste! Maman va faire des efforts, mais je t'en supplie, ne pars pas!
Il hésita encore quelques secondes. Il aurait pu se retourner et déposer sa valise. Il se serait jeté dans les bras de sa mère en s'excusant et aurait repris le cours de ces activités, comme s'il ne s'était rien passé. C'est ce que tout le monde voulait. Lui y compris. Mais malgré tout, il tira la porte vers lui.
- Non, attends!
Il mit un pied dehors.
- Je t'en prie, ne me laisse pas!
Il sortit entièrement de l'appartement.
- Ne m'abandonne pas!
Les sanglots et les cris de sa mère disparurent lorsqu'il referma violemment la porte.

*_*_*_*_*


Appartement d'Hugo, Quartier Ouest, Assiah
23h27

Il descendit les escaliers en silence. Puis il marcha. Il marcha longtemps. Ce n'est que tard le soir qu'il atteignit le studio d'Hugo, son meilleur ami. Il n'avait nulle part ailleurs où aller, et il savait que son ami ne lui fermerait pas la porte au nez. Il sonna quelques fois avant de voir le propriétaire des lieux apparaître dans l'encadrement de la porte.
- Hey mon Maxouille! Mais qu'est-ce que tu fous là à cette heure-ci?
Les épaules baissées, le regard vitreux, la tête vers le bas: tout indiquait que ça n'allait pas.
- J'vais tout t'expliquer... J'peux rentrer?
- Bah oui, bien sûr! Mais qu'est-ce qui t'arrives?
Hugo referma la porte derrière le jeune homme.
- J'peux rester un peu chez toi?
- Aucun problème! J'vais te sortir le lit d'appoint! Par contre j'te préviens, quand je ramène une fille, tu vas dormir sous le pont en bas de la rue hein! Pas qu'elle croit que j'héberge un immigré politique!
En temps normal, Max aurait rit à sa blague. Mais on ne pouvait pas vraiment dire qu'on était en temps normal. Hugo le fixa, perplexe.
- Ouh là, ça va vraiment pas bien toi...
Le jeune homme était brun aux yeux bleus, presque aussi grand que Max, athlétique, toujours une blague à sortir pour détendre l'atmosphère. Il conduisit son invité dans la kitchenette et le fit s'asseoir sur une chaise.
- Merde, Max, dis-moi ce qu'il y a!
- C'est... Je... Je me suis cassé de... De chez moi, enfin... J'ai... Hugo, j'ai... J'ai fait pleuré ma Mère...
Une larme perla sur la joue du jeune homme. Puis une autre. Finalement le futur étudiant se mit à pleurer à chaude larmes.
- Je m'en veux tellement... Mais j'veux pas retourner là-bas!
Hugo s'extirpa de la chaise dans laquelle il était assis et se précipita pour prendre son ami dans ses bras.
- T'en fais pas, t'es chez moi maintenant. Ca va aller. Tout ira bien maintenant. Tout ira bien...
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Max Verran
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MessageSujet: Re: Maxime Verran [Inspecteur]   Sam 13 Oct - 13:24

Histoire [4/5]:

Restaurant universitaire "Etudio", Quartier Ouest, Assiah
12h41

Maxime révisait ses cours de biologie tout en avalant son déjeuner. Il planta sa fourchette dans un morceau de steak haché qu'il venait de couper, pendant revoyait encore et encore ce cours sur la photosynthèse qu'il avait beaucoup de mal à assimiler. Il tourna une page de son livre de cours, tout en trempant une frite dans le ketchup. Il faillit la laisser tomber sur son polo vert herbe, rayé de vert émeraude, ce qui n'aurait pas été de très bon goût, mais la rattrapa tout juste avec sa langue. Il lut quelques lignes supplémentaires, avant d'être coupé par la sonnerie de son portable. Il vit "Sally" s'inscrire sur l'écran. Le jeune homme fit coulisser l'écran et décrocha.
"- Allô p'tite sœur?
- Hey Max, comment tu vas?
- Ca va bien, et toi?
- Ouais ça peut aller. Je voulais juste avoir de tes nouvelles.
- Écoute, il s'est rien passé de spécial depuis la dernière fois. La prépa est bientôt finie, je suis assez content, le rythme devenait intenable! Mais dis-moi plutôt comment ça se passe à la maison?
- Ah, ben comme d'habitude.
- Tu... Hum... Pas de... D'amélioration pour Maman.
- Nan, nan, pas vraiment... Tu sais ça lui a vraiment foutu un coup le fait que tu te casses.
- Oui mais ça fait deux ans, il serait temps qu'elle tourne la page...
- Max, je te rappelle qu'elle est dépressive! Si on la bourrait pas de médocs, elle aurait sauté dans le vide depuis perpette...
- Me fous pas ça sur le dos s'il te plait...
- Nan, j'ai pas dit que c'était ta faute, mais disons que ton départ ne l'a pas aidé.
- Et Rapha, comment il va?
- Il aimerait bien que son année scolaire connaisse une fin précoce. Les profs sont pas très cools avec lui.
- Il est avec toi?
- Ouais pourquoi?
- Tu peux me le passer, j'aimerais lui dire deux ou trois mots.
- Je ne pense pas que ça soit une bonne idée...
- Il ne m'a toujours pas pardonné hein...
- Non, désolée...
- T'excuses, t'y es pour rien...
- Tu me manques Max, tu sais.
- Toi aussi tu me manques p'tite sœur...
- Tu veux pas passer à la maison un de ces quatre? Tu manques à Papa et Maman aussi. Et je suis sûre que tu manques à Rapha.
- J'aimerais bien, mais... c'est encore trop dur pour moi, tu comprends?
- Ouais, je vois... Et toi qui dit que Maman devrait tourner la page...
- C'est... Pas la même chose.
- Ouais, si tu le dis... Bon je vais te laisser, tu dois avoir du boulot...
- Oui, il faut que je revoie tout un chapitre.
- D'accord. Bon bah à bientôt frérot, je t'aime.
- Moi aussi.
Son pouce s'abattit sur la touche de raccrochage du téléphone qu'il remit au fond de sa poche de jean bleu ciel. Sally était la seule personne de sa famille qu'il voyait encore. Il avait encore trop peur de revoir ses parents après ce qu'il avait fait, même si il n'osait pas vraiment l'avouer. Et puis Raphaël n'avait aucune envie de le voir après son départ, qu'il considérait comme un acte de lâcheté. Peut-être avait-il raison après tout, fuir devant le problème n'était pas une attitude très courageuse. Mais Maxime avait été courageux toute sa vie, et il n'avait plus aucune envie de l'être vis à vis d'Adam, nom que Sally s'était bien gardé de prononcer au téléphone. Elle savait bien que Max avait encore trop de rancœur pour ce frère qu'il avait défendu corps et âme lors de son enfance, face aux rires moqueurs et aux insultes, qu'au final ce dernier ne comprenait pas vraiment. Si Max l'avait rayé de sa vie, sa sœur n'allait pas le remettre sur le devant de la scène. Une voix claire extirpa soudain l'étudiant de ses pensées.
- Euh, excuse-moi, cette place est libre?
La personne qui venait de s'adresser à lui désignait la chaise en face de lui. Il s'était assis à une table pour deux personnes, et le reste du restaurant était plein à craquer, ce qui expliquait la question de l'inconnu. Il répondit sans lever les yeux de ses cours.
- Ouais, allez-y.
- Ah, merci beaucoup!
Il leva alors un oeil et aperçut une jeune femme aux cheveux blonds lisses, tombant sur ses épaules. Elle était assez petite, de corpulence moyenne, peut-être légèrement plus fine que la moyenne. Elle avait des yeux bleus. Bleu océan.
- J'ai demandé à au moins dix personnes, lança-t-elle, je désespérais de trouver quelqu'un de sympa qui me laisserait m'asseoir!
Max était tellement captivé par ses yeux qu'il n'avait même pas entendu ce qu'elle avait dit. Elle déposa son plateau, sur lequel était posée une simple assiette de salade verte parsemée de morceaux de poisson à la peau bleue, puis s'installa en face de lui. Elle passa une mèche de cheveux qui lui tombait dans le visage derrière son oreille, puis sortit un miroir de poche et un gloss rouge vif, qu'elle appliqua consciencieusement sur ses lèvres. Intrigué, il tenta de lancer une conversation.
- T'es nouvelle ici? demande-t-il
Elle lui répondit qu'elle venait d'un petit village perdu et qu'elle était arrivée en Assiah pour entrer dans une école d'infirmière, il y avait de cela neuf mois. Elle avait cependant changé d'appartement, et se retrouvait donc dans un quartier qu'elle ne connaissait pas. Puis elle lui retourna la question, ils parlèrent de la pluie et du beau temps, de tout, de rien. Et puis au bout d'un certain temps, Max souligna un détail qui avait tout de même son importance.
- Euh... c'est moi ou on s'est pas présenté? Je m'appelle, Maxime, mais tu peux m'appeler Max.
- Moi c'est Dagmine, mais tu peux m'appeler Mine."

*_*_*_*_*


Campus Gérald Steiner, Quartier Ouest, Assiah
17h03

Les cours venaient à peine de se terminer quand la sonnerie du portable de Maxime retentit. Il décrocha rapidement sans même regarder le nom de la personne qui s'affichait sur l'écran.
"- Allô, oui?
- Salut Bébé, c'est Mine!
- Hey Mine, tu vas bien?
- Oui merci! Écoute, est-ce que t'es libre ce soir? On pourrait aller au ciné, t'en penses quoi?
- Ouais pourquoi pas, j'ai pas des masses de boulots. A quelle heure?
- Euh... On prend la séance de 21h05?
- Ca me va!
- Génial, à ce soir Bébé, je t'aime.
- Moi aussi ma Chérie, à ce soir!"
Il raccrocha et laissa tomber le téléphone au fond de sa poche. En sortant du bâtiment, Maxime entendit quelqu'un l'appeler. Il fit volte-face et découvrit Hugo, plusieurs classeurs dans les bras.
"- Alors mon Maxouille, lança-t-il, t'as passé une bonne journée?
- Ouais ça allait, même si j'me suis un peu fait chié en bio."
Ils décidèrent de s'installer dans l'herbe pour discuter un peu, à côté d'une plate-bande de fleurs bleues et rouges. Max laissa glisser la bandoulière de sa sacoche le long de son bras, puis déposa son sac sur le sol, avant de s'asseoir en tailleur.
"- Et comment va Dagmine?
- Bien. Elle a pas mal de taf en ce moment, mais ça va.
- Tant mieux! Ca fait combien de temps vous deux?
- Oh, ça fait bien... Enfin, le mois prochain ça fera un an.
- Déjà? Ouah, ça passe vite, c'est dingue!
- Comme tu dis! Ma prépa est passée à une vitesse folle! Plus que trois mois, et ce sera fini.
- C'est vrai qu..."
L'ami de Max ne put pas finir sa phrase. Une formidable onde de choc souffla les deux étudiants, qui volèrent littéralement plusieurs mètres plus loin. Max vit du vert, du bleu, puis plus rien. La première chose qu'il vit lorsqu'il ouvrit les yeux fut le ciel bleu de la fin mars. Il resta allongé quelques secondes, trop sonné pour prendre conscience qu'autour de lui, c'était le chaos total. Puis le jeune homme entendit la voix d'Hugo, lui demandant si ça allait. Maxime se releva en grimaçant: Il avait mal au dos et sa tête semblait prise dans un étau tellement elle lui faisait mal. Il porta sa main à son front pour le masser un peu, dans l'espoir de faire passer un peu la douleur, mais il constata qu'il avait une plaie au-dessus de l'arcade sourcilière. Il sentit aussi le goût métallique du sang dans sa bouche. Tout autour de lui, des étudiants blessés couraient dans tous les sens en hurlant. Puis il se retourna et vit alors le bâtiment qu'il venait de quitter. En miettes. La bâtisse ne ressemblait désormais plus qu'à une masse informe de débris, sous lesquels des cadavres et des blessés étaient ensevelis par centaines. Dans un formidable nuage de poussière, presque deux ans de la vie de Maxime venaient de s'envoler.
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Max Verran
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MessageSujet: Re: Maxime Verran [Inspecteur]   Sam 13 Oct - 13:25

Histoire [5/5]:

Cher M. Verran,

Suite à l'attentat à la bombe à impulsion visant la chapelle Saint-Pierre, anciennement située à côté du campus universitaire, nous vous annonçons que l'aile est du bâtiment C ainsi que le bâtiment D ont été entièrement détruits. Nous tenons à vous présenter nos condoléances si vous avez perdu un membre de votre famille, un ami ou même une connaissance. Sachez que le Gouvernement nous a garanti que le maximum sera fait pour retrouver les auteurs de cette infamie.

Nous tenons cependant à vous informer que les travaux de reconstruction des édifices détruits prendront plusieurs années, et que de ce fait, sachant que le complexe universitaire n'a pas la capacité d'accueillir les étudiants dans les bâtiments n'ayant pas été endommagés, nous sommes au regret de vous annoncer que votre préparation "Biophysique" ne pourra plus être assurée en Assiah, aucun autre établissement n'assurant cette prestation.

Le complexe universitaire a donc décidé d'envoyer les étudiants lésés à l'étranger pour y poursuivre leur formation, grâce à l'obtention d'une bourse créée spécialement pour ces circonstances. Cependant, cette bourse n'est délivrée qu'aux membres de notre campus qui ont des revenus inférieurs au seuil de vie moyenne établi par le Gouvernement, le nombre d'étudiants lésés étant trop important pour que le complexe universitaire puisse satisfaire toute les demandes.

Après une étude approfondie de votre dossier, le conseil administratif a décidé de ne pas vous octroyer cette bourse, vos revenus égalant le seuil de vie moyenne. Nous imaginons votre déception et nous vous présentons nos plus sincères excuses. Malgré cela, vous trouverez ci-joint une brochure qui vous détaillera les différentes formations auxquelles vous pouvez accéder en Assiah.

Veuillez agrée, Monsieur, mes sentiments les plus sincères.

Kolt VEREINTEM
Président du conseil administratif

*_*_*_*_*


Immeuble d'habitation, Quartier Ouest, Assiah
06h30

La sonnerie du radio-réveil se déclencha, et résonna dans la chambre de Maxime et Dagmine. Le jeune homme, agressé par ce bruit matinal qui signifiait qu'il était l'heure d'aller travailler, poussa un grognement avant d'aplatir le bouton d'arrêt de la machine. Il se leva difficilement après avoir embrassé sa petite amie, et enfila un boxer posé sur une chaise à côté de sa table de nuit. Le jeune homme quitta ensuite sa chambre et pénétra dans la cuisine. La fenêtre était grande ouverte. Aussi se précipita-t-il pour la fermer, le contact du vent hivernal avec son torse nu étant particulièrement désagréable. Max détestait le matin. Cela lui rappelait qu'il fallait qu'il aille au boulot. Il était désormais inspecteur, et ce job était loin de lui plaire. Il avait accepté d'entrer dans la police un soir où il était trop pinté pour refuser l'offre d'un inspecteur rencontré par hasard quelques heures plus tôt. Que pouvait-il faire d'autre de toute manière? Aucune autre profession ne l'intéressait. Il était malgré tout vite monté dans la hiérarchie, et avait rapidement atteint le poste d'inspecteur.
Avec l’impossibilité de finir sa préparation de biochimie, Maxime ne pouvait plus accéder à une école très sélective qui lui aurait permis de rejoindre par la suite les laboratoires de recherche génétique de ZION, où il aurait fait des recherches sur le syndrome d’Asperger. Il n’en n’avait jamais parlé à personne, mais c’était l’ambition qu’il nourrissait depuis qu’il était enfant, pour ne plus voir personne subir ce que sa famille subissait. Mais cette prépa, il ne l’avait pas finie, et son école, il pouvait lui dire adieu. Bien sûr qu’il aurait pu retourner à la fac maintenant que le campus avait été rénové. Mais le jeune homme avait désormais un blocage avec cette formation. C'était plus fort que lui, il ne pouvait plus retourner prendre des cours. Il ignorait pourquoi, et même le psychologue qu'il avait consulté n'avait pu lui indiquer clairement ce qui provoquait cette entrave. Mais au bout du compte, une chose était sûre, c'était qu'il ne pourrait plus réaliser son rêve, du moins pas tant que cette barrière psychologique lui gâchait la vie.
Le jeune homme entendit alors des bruits de pas. Mine venait de se lever. En nuisette noire, les cheveux en bataille et les yeux cernés, elle se dirigea vers la machine à café, non sans avoir déposé un baiser sur les lèvres de son amant. Ce dernier quitta quant à lui la cuisine, puis alla s'habiller, comme tous les matins. Puis comme tous les matins, il s'équipa avant de dire au revoir à sa copine. Ensuite, comme tous les matins il prit le métro, et sortit au troisième arrêt. Et finalement, comme tous les matins, il passa la porte de son lieu de travail, le regard froid, le visage fermé, sans une once d'expressivité. Et quand quelques fois il pensait à cette situation, il était amer. A cause de ce travail qu'il n'avait pas vraiment choisi, mais surtout, parce qu'il avait la désagréable impression qu'après toutes ces années à fuir la routine, cette dernière l'avait rattrapé.
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