[Forum Archive] Jeu de rôle d'interprétation sur forum, concernant un monde futuriste et post-apoalyptique
 
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 Au Commencement...

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La Voix de Babylon
Narrateur
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Messages : 23
Date d'inscription : 10/10/2007

MessageSujet: Au Commencement...   Mer 10 Oct - 21:51

"La terre entière se servait des mêmes mots. Or en se déplaçant vers l'orient, les hommes découvrirent une plaine dans le pays de Shinéar et y habitèrent. Ils se dirent l'un à l'autre : "Allons ! Moulons des briques et cuisons les au four." Les briques leur servirent de pierre et le bitume leur servit de mortier. "Allons ! dirent ils, bâtissons-nous une ville et une tour dont le sommet touche le ciel. Faisons-nous un nom afin de ne pas être dispersés sur toute la surface de la terre."

Le Seigneur descendit pour voir la ville et la tour que bâtissaient les fils d'Adam. "Eh, dit le Seigneur, ils ne sont tous qu'un peuple et qu'une langue et c'est là leur première oeuvre ! Maintenant, rien de ce qu'ils projetteront de faire ne leur sera accessible ! Allons, descendons et brouillons ici leur langue, qu'ils ne s'entendent plus les uns les autres !" De là, le Seigneur les dispersa sur toute la surface de la terre et ils cessèrent de bâtir la ville. Aussi lui donna-t-on le nom de Babel car c'est là que le Seigneur brouilla la langue de toute la terre, et c'est de là que le Seigneur dispersa les hommes sur toute la surface de la terre."
(Genèse 11)



~ An 3000 ~
Marchez, pendant que vous avez la lumière, afin que les ténèbres ne vous surprennent point †
(Jean 12:35)




La dernière Grande Guerre a été un désastre – certes, il en va rarement autrement des guerres, mais celle-ci mérite la palme. Une planète ravagée, entre désert et champs de ruines. L’ensemble des Etats réduits en cendres. Une population mondiale divisée par cent.

Cela c’est produit au temps où mon arrière-grand-père était enfant, ce qui ne fait pas si longtemps que ça, quand on y pense. Et pourtant c’est déjà suffisant pour que les humains recommencent à se battre.

Mais je raconte tout dans le désordre, pardonnez-moi.


Ma famille a toujours vécue en Assiah, depuis la fondation de la cité, sans doute. Ma lignée a vécu la montée en puissance des croyances religieuses, jusqu’à la Guerre et l’apparition de l’Eglise Ultime, plus communément appelée Amariah, qui a réussi le tour de force de regrouper toutes les grandes religions monothéistes en un seul culte. Le monde était en loque, les gens étaient terrifiés. Ils ont accroché tout de suite.

Assiah a dû attendre pas loin de cinquante ans avant de devenir assez grande pour acquérir son indépendance, et ce n’est encore que vingt-cinq ans plus tard qu’elle s’est constituée un gouvernement digne de ce nom – grâce au Régent Viorel, bien sûr. Un grand homme. Sans doute aussi un grand dictateur, maintenant que j’y pense avec un peu de recul, mais il n’a pas vécu assez longtemps pour que son idéalisme ait le temps de devenir du despotisme. C’est lui qui a vraiment structuré Assiah, qui lui a donné une légitimité à l’échelle du monde. Peut-être qu’il achetait sa popularité, et alors ? Des morceaux entiers de la planète étaient encore assez radioactifs pour faire de l’ombre au soleil, alors les gens n’étaient pas très chatouilleux quant à l’éthique.

Je ne me rappelle plus quand l’affaire Zion a débuté. Sans doute parce que cela s’est fait en douceur, sans gros accroc. D’abord il y eut les Yasinins, ces handicapés qui tiraient une force incroyable de leur infirmité. Puis les Terachs, qui ont un peu plus surpris les gens – croiser des humains avec des animaux, était-ce bien raisonnable ? Mais le vrai coup de tonnerre, celui qui a fait (et fait toujours) hurler l’Amariah, ce fut la création des Lamias.

Imaginez : je vous donne une petite pilule. Vous restez hospitalisé pendant une semaine peu agréable où vous vomissez tripes et boyaux entre deux accès de migraine intense. Puis je vous annonce que vous pouvez sortir, mais qu’il vous faudra régulièrement vous approvisionner en sang humain, vu que la merveille que vous avez avalé démoli consciencieusement vos propres cellules sanguines. Vous n’êtes pas ravi. Mais rassurez-vous, j’ai deux bonnes nouvelles : premièrement, votre corps est adapté au fait de boire du sang, et Zion organise des ventes d’hémoglobine clonée. Deuxièmement, vous êtes immortel.

J’ai oublié de préciser que « Lamia » est le terme latin pour vampire.

Pas mal, hein ? Pas mal culotté, surtout, vu que l’Amariah gronde à la simple mention de la vie éternelle. Et encore, si Zion s’était contenté de faire une découverte scientifique… Mais le directeur de l’époque, Abel Zerach, avait des ambitions autrement plus immenses. Selon lui, Dieu n’existait pas, et c’était à l’Homme de prendre son propre destin en main ; de devenir son propre dieu.

A partir de là, les choses ont commencé à se gâter. Sur le coup, personne ne s’en rendit compte, mais à présent je sais que Assiah s’est engagée sur la pente de l’autodestruction dès l’émergence de cette rivalité entre Zion et l’Amariah. Une pente qui est devenue une falaise le jour de l’Attentat de l’Opéra, où le Régent et l’Archange ont été proprement pulvérisés.

Au moment où je vous parle, personne ne sait qui a posé la bombe sous l’escalier principal, le jour de l’inauguration du bâtiment. On murmure le nom du Consortium, mais ce n’est guère qu’une rumeur – de toute façon, tout ce qui touche à cette mystérieuse entreprise tient de la rumeur. En tout cas, le Régent est mort, et la Cardinale (qui, bien que dans un sale état, a survécu) a bondit sur l’occasion pour renforcer l’Amariah. Elle a patiemment infiltré le milieu de la Justice, progressivement remplacé la Garde d’Assiah par ses Inquisiteurs. Elle a des contacts dans les médias, la police, les services secrets même. Et c’est pourquoi elle n’a pas raté l’occasion lorsque Zion a fait une découverte en trop.

Le Nouvel Archange, Azraël d’Amboise, était un gamin auquel personne ne croyait lorsque Zerach lui a cédé son trône par testament interposé. Mais il s’est montré beaucoup plus combatif que prévu : il a baissé le nombre de Seraphims (les miliciens de Zion) pour augmenter les budgets de la recherche, serré les mains qu’il fallait, licencié ses principaux opposants. Il ne fallut que cinq mois à ses chercheurs, les Malachims, pour découvrir la pilule Z – Z pour Zerach, bien que ses détracteurs disent plutôt Z pour Zombie.

La Z est une drogue un peu particulière, qui tient du LSD vu son mode d’action hallucinogène, mais dont les effets sont beaucoup plus contrôlables. Là où la poussière d’ange vous envoie planer un peu n’importe où, la Z se centre sur vos aptitudes créatrices, même les plus refoulées. Vous êtes un scribouillard de bas étage ? Une dose vous transforme en journaliste de talent, deux doses vous propulsent au niveau d’un Victor Hugo ou d’un Shakespeare. Trois doses… je n’ai vu aucun cerveau capable de résister à trois doses.

C’est le problème avec la Z : plus vous en prenez, meilleur vous êtes, et meilleur vous voulez être. Alors vous en prenez plus. Toujours plus. Et vous trépassez en étant convaincu d’être le plus grand artiste que cette Terre ait jamais porté. C’est également une arme de choix contre les Lamias : vu leur sang malade, ils font des overdoses beaucoup plus facilement que leurs camarades mortels.

La Z est une drogue, et la drogue est illégale. Sa consommation est un luxe, mais aussi un délit, vite devenu crime lorsque l’Amariah s’en est mêlée. La suite, vous la connaissez si vous n’avez pas vécu dans une grotte au cours des deux derniers mois : Babel Corp mise à pied par le gouvernement, l’influence de Zion qui rétrécit comme une peau de chagrin, un territoire qui rapidement se limite à l’Etemenanki, leur QG, et au quartier des plaisirs. La production de sang cloné qui s’effondre. Les Lamias les moins fortunés, affamés, qui commencent à attaquer les vagabonds. L’Inquisition qui les déclare « hérésies vivantes ». Le début des persécutions, mal jugulées par un gouvernement à la dérive sans son Régent.

Et pour finir, qui sait, une guerre civile dans les prochains temps ?


Voilà où nous en sommes. Voilà où j’en suis moi, Isaac Derenford, Malachim responsable de la commercialisation de la drogue Z. J’enregistre cette petite mise au point sur une bande thermique que je cacherai dans un coin de ma cellule avant l’aube. Cela ne sert pour ainsi dire à rien (tout le monde connaît cette histoire), mais j’aime me donner l’illusion qu’il restera de moi quelque chose d’autre qu’un tas de charognes imbibées de Z, lorsque mon exécution aura eu lieu. Il me reste environ deux heures, je crois.

Ah non, trois. J’ai de la chance, je crois que je pourrai voir le soleil se lever.
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