[Forum Archive] Jeu de rôle d'interprétation sur forum, concernant un monde futuriste et post-apoalyptique
 
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 Prose éveillée

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Azraël
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MessageSujet: Prose éveillée   Jeu 11 Oct - 2:57

C'est ici que tout avait commencé...

Sa nouvelle vie, les larmes épanouies à l'aurore d'un ardent soleil de carnage, la danse où en cavalier maladroit il avait invité Sheena à resplendir à son bras, amenant au milieu de tous ces rapaces cette jeune âme innocente dont l'éclat avait attiré tous les regards...

C'est ici même qu'à présent les notes, les mots le fuyaient... Il était fade, il n'était rien... Sa prose n'avait été qu'une succession de répétition chaotique, un hymne à la douleur, l'apothéose de ce qu'il recelait de plus noir, ce pus qui suintait de son sein déchiré en une bile malade... Verve pestiférée qui plaisait à ces jeunes déchaînés car elle provoquait, elle se riait de tous et dans cet enthousiasme, cette frénésie aliénante, invitait à l'expression de la rage, cette tristesse muée en haine.

Aujourd'hui il était seulement triste...
Errant parmi les décombres, comme un empereur déchu dans sa ville saccagé, comme un céleste volatile en quête de son nid aux vents éparpillés, un enfant perdu dans un champ de fleurs saccagés...


"Ce n'est pas possible... Comment tout cela a pu arriver... Comment les choses ont pu à ce point dégénérer ?"

Un murmure, comme une ode tremblante, à peine un bruissement de vent dans les branchages qui ne perturbe pas même le chant de la guerre et l'harmonie des ravages. Ah, cruelle désillusion pour un si jeune garçon! Comment ses pairs pouvaient-ils faire montre de tant de barbarie ?! Non, Azraël, ne te laisse pas aller! Lutte, de toutes tes forces, ces forces dont il a fallu t'armer alors que ton corps en était dépourvu, ce courage et cette résistance acharnée qui t'ont valu de ne pas crever... Fais-toi le messager des dieux véritables, représentations symboliques d'un monde utopique où domine code d'honneur et d'éthique. Enfin, fébrile, la main cherche la plume au travers les feuilles de papier déchirées, décombres d'une vie enterrée, elle s'empare du vestige de l'antique panache d'un fier volatile aux plumes colorées et, comme si cette symphonie picturale éclatante inspirait à l'esprit qui s'en saisit d'autres sortes de vers que ceux qui purullent dans la noirceur immonde d'une âme suppliciée qui sécrète dans les ténèbres qu'elle se forge inconsciemment cette masse hideuse et grouillantes. Le lutin anémique, le chanteur chétif trace alors en écrits d'arabesques ce qui s'évadera de sa bouche alors que de nouveaux projets verront le jour, il laisse son empreinte musicale sur les portées déjà tracées et ces mots laisse découler:

La folie des hommes érige
Des cathédrales de noirceur
Et ils désignent comme vainqueur
Celui qui le ciel afflige

Ils crèvent la voûte voilée
De leur cris déchaînés
Glorieux meurtriers
D'un antique passé

Leurs tours triomphantes
Ecrasent d'un commun intérêt
L'onirisme, monstrueux hiérophantes
Fiers de leurs méfaits

Ces hommes croient
En un dieu qui n'existe pas
Et élèvent des guerres, des crimes
Sur les autels dédiés à la gloire divine

Pourtant, pauvres enfants
Ils ne sont que le fruit
Sortant de nos entrailles pourries
En poussant d'horribles vagissements

Plus personne n'entend les larmes
Car seul prévaut l'acier des armes
Arrêtons donc cette course à l'horreur
Et offrons nous un peu de bonheur
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Monodiela
Ombre Inquisitrice de l'Evêque
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MessageSujet: Re: Prose éveillée   Jeu 11 Oct - 2:59

Perdu. Perdue. La fleur s'était encore perdue.
Enfin, c'est ce qu'il paraissait, avec son regard un peu hagard, un peu hébété, ses yeux vides, son air de ne rien vraiment regarder.
Perdu ? Oui, sans doute, mais pas dans ce monde, non, non: à l'intérieur. Comme des fois.
Comme souvent ces derniers temps.

Monodiela marchait comme si ses pieds le guidaient, vers une destination qu'il ne connaissait, mais qui lui était...liée.
L'inquisiteur aux allures d'enfant se laissait porter, porter par le vent, porter par ses pieds, sans chercher, sans chercher à comprendre. A réfléchir. Se souvenir ?
Non, non, non, se souvenir, non, c'est vide, c'est creux, c'est sombre et c'est noir.
C'est poisseux !
Non !
Fermer les yeux !


Alors il les ferme, et ses pieds continuent leur ballet vers ce familier qu'il a oublié...
Il chantonne, petite fleur, il marmonne et murmure une lointaine mélodie qui soudain ravive la douleur.

Il ouvre les yeux !


Et devant lui, prostré en d'autres lieux, en d'autres chimères, il distingue l'Ange bleu. Comme si l'oiseau allait s'envoler vers ce ciel qu'il chérissait... Oh Monodiela n'en aurait pas été étonné, non, non !
Que l'oiseau propulse ses mots à défaut de ses plumes ! Qui volaient, volaient, autour d'eux, qui l'entouraient, l'entouraient, l'enivraient dans leur danse, oh, lui aussi, lui aussi riait au vent, les yeux grands ouverts !
S'esclaffant comme l'enfant, comme si les mots avaient la douceur de ces ailes en dépit de leur sens tranchants !
Non, Monodiela n'écoutait pas, Monodiela ne fait qu'entendre, se remplir, se remplir un peu avant de briser le merveilleux d'une prière, d'une prière... Non non, pas penser non, se laisser porter, porter par ses pieds, porter par ses plumes et rire, rire aux éclats, ne pas écouter, non, ne pas écouter.
Si tu écoutes petite fleur, tu seras malheureuse, car si tu écoutes, tu devras lui couper les ailes.
Alors n'écoutes pas et ferme tes oreilles.

Elle lui sourît, tout ce semblant de bonheur qui resplendit, la petite fleur qui ne resplendit que dans l'ombre d'une autre lumière se fait public éphémère.

Bercée, enivrée, presque shootée, si loin de ce monde, si proche de cet air, si exaltée, animée: vivante !
Elle n'écoute pas les paroles blasphématoire, le chant est violent, exultant à la rage libérée, si beau, si plein, il est vibrant, il le fait vibrer. Lui qui est si vide.

Monodiela ferme les yeux.
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Amadeus De Lorican
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MessageSujet: Re: Prose éveillée   Jeu 11 Oct - 3:05

Et se retrouve interrompu par un son brusque, presque violent, mais pourtant si bref. Le son d'une arme braquee. Le son d'un cran d'arret qu'on vient d'enlever. Le son de la mort proche. D'ailleurs, la main qui tenait l'arme avait deja donne la mort plus d'une fois. Au nom de sa foi, Amadeus avait enleve la vie a de nombreuses reprises. Les raisons etaient foison en ce bas monde pour faire respecter la Voie de Dieu aux infideles et aux heretiques. Et la violence mettait souvent un terme de facon efficace aux calomnies de quiconque avait renie la foi. Avec ses yeux figes dans l'expression glaciale et resolue de son visage, l'Inquisiteur savait pertinemment que rares etaient les personnes qui lanceraient ce genre de melopee calomnieuse passer ses levres. Du moins, pas sans avoir les convictions contraires a elles de cet homme sur le point de vouloir abattre un chanteur.

Les calculs se firent rapidement dans l'esprit d'Amadeus. Le visage du jeune qui ecoutait ces paroles lui disait quelque chose. Et ceux qui lui disaient quelque chose faisaient partie des deux extremes: ou ils etaient ses allies, ou ses ennemis a abattre. Difficile de determiner pour un enfant. Enfin, s'il n'en etait pas un, il en avait bien l'air. Mais qu'importe, il devait maintenant se concentrer sur celui qui figurait dans sa ligne de mire. Avait-il devant lui un simple chanteur, ou un autre revolutionnaire cache sous l'identite d'un troubadour des temps perdus? D'un certain cote, les deux n'etaient pas vraiment louables. Les infideles etaient a abattre, et les troubadours sans but, eux, distribuaient des paroles mensongeres en semant des pensees impures dans l'esprit des gens. Oui, il meritait de se taire dans les deux cas. Mais les questions peuvent etre utiles de temps en temps. Il avait l'habitude de tirer tout de suite, en general. Sans doute les restants de veritable humanite en lui lui disaient-ils que tirer sur quelqu'un a bout portant devant un temoin du genre de ce jeuneot ne serait pas reelement une bonne chose. Il s'adressa donc au chanteur, d'une voix sombre et forte qui n'attendait visiblement aucune badinnerie.

''Donne moi une bonne raison de ne pas appuyer sur la detente.''

Des mots aises a comprendre, qui signifiane tbien l'attitude que l'Inquisiteur avait vis a vis celui a qui il s'adressait. Il ne restait plus qu'a esperer que ce dernier ne tenterait pas de reduire la tension dans la main d'Amadeus. Ce serait regrettable pour lui...
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Eltanin
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MessageSujet: Re: Prose éveillée   Dim 21 Oct - 2:48

Religion, ode a un ciel muet depuis si longtemps. Il est des rêves qui se meuvent cauchemar. Il est le cauchemar qui marche, qui glisse sur le sol. Il a les yeux fermés, comme si il refusait de voir le carnage, la mort. La Dame Nébuleuse danse, virevolte, ondule sur les gravas. Il entends, oh oui, il entends....Douce mélodie, voix envoutante....il entends, écoute. tendre symphonie. Il rêve peut être, Altas déchainé. Rêve donc, il ne te reste que cet erzath de vie. Tu es mort, tu es froid...Non, non, mensonge que cela ! Damnation que cette pensée ! Vis, Atlas ! Vis ! Brûle de haine, de colère, de passion...Oh oui, tu sais si bien étre lave en fusion.

Il marche sans bruit, ombre silencieuse qui s'étale sur les murs, écho du vide qui le suit. Eltanin, Atlas cornu, entre, entre, n'est pas peur...Avance, tu es immortel, tu es fort et puissant malgré la faiblesse de ton coeur. La roche pleure des larmes de sang, elle s'abreuve au ciel aveuglé.

La violence s'ouvre les veines devant lui. Elle crache des mots, elle se croit maîtresse en ce royaume, Reine détrônée, la paix est revenue, retourne dans ton antre d'horreur ! Laisse l'enfant...Cristal pur, ambre fragile. Père Vicié, pourquoi le pousses tu a parler ? A gronder avec pour refrain la coulée des pierres oubliées ?

-Il y a des milliers de raisons. Regarde moi, toi qui prétend dispenser la mort comme dragées sucrées, auréolées d'imbécilités coincées dans ta tranchée acide.

Atlas cornu, bête, monstre, mais toujours mur. Les ténèbres de ton regard se pare de flamme éperdues, éceuils de tes sentiments, tourbillon infernal.
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Azraël
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MessageSujet: Re: Prose éveillée   Dim 21 Oct - 2:55

Un sourire, sadique, une lueur malveillante qui s'allume dans le regard d'éther, de vieux instincts, d'anciennes pulsions qui se font jour et éclosent de nouveau sous le sein qui n'avait pas encore épuisé tout son potentiel en matière d'étrange, de réactions inattendues. Il est heureux, il exulte, comme un chevalier fou sur un destrier de tempête, il va enfin pouvoir se déchaîner. Dieu que ce sera jouissif, dieu que ce sera bon! Comme lorsqu'il pouvait s'opposer à Abel, lui jeter son venin et son fiel au visage, comme autant de déclarations d'amour aliénées, d'orgasmes dégénérés. Ne serait son envie de prendre son temps, savourer les prémices de ce combat comme de longs et fascinants préliminaires, peut-être bondirait-il pour insulter gaiement cet impudent fripon. Mais non, il range lentement sa plume et les traits d'esprits qu'elle coucha en lignes stylisées sur le papier, puis il se lève lentement, et faisant face à l'agresseur... il rit. Il se sent léger, insouciant... Il applaudit même.

"Ah, petit chenapan... tu es venu pour me distraire...? Quelle jolie pièce... Mais serais-tu meilleur comédien, tu t'apercevrais qu'elle manque cruellement d'originalité."

Aussi soudainement qu'il fût frivole, il devient soudain provocateur, il balance son insolence et son mépris des convenances au visage de l'importun, comme un soufflet, une grande et magistrale claque... Car de magistral il n'a que cette présence sur scène, où il est adulé, admiré, alors que dans la vie il redevient le lutin malingre et anémique au corps couturé des sanglantes marques de son envie de se sentir exister toujours plus intensément...

"Mais ce ne sont pas les gueux en position de faiblesse qui sont en droit de poser des questions... Car tu es faible. Tu es conditionné, un esprit étroit dans une enveloppe quelconque. Ce serait même plutôt à toi de donner des explications: comment t'arroges-tu le droit de tuer un semblable ? Tu te prend pour Dieu, c'est cela, à dispenser la justice de façon arbitraire...? Mais vois-tu, cher rien, chère petite chose insignifiante, il y a des juges qui sont là pour ça et accomplissent leur travail bien mieux que tu ne pourras jamais le faire... Il y a même des forces de l'ordre qui patrouillent autour de nous et qui seraient ravis de t'emprisonner pour avoir tué l'une des célébrités d'Assiah... Quel dommage n'est-ce pas que je sois intouchable ?"

Azraël avait volontairement omis de préciser qui il était, et surtout de faire savoir à l'ennemi que ses gardes du corps étaient toujours à proximité, prêts à intervenir au moindre signe de danger... Gardes du corps qui se trouvaient souvent bien plus proches de la crise de nerf avec un jeune garçon turbulent et inconscient qu'avec son prédécesseur. D'ailleurs était-ce l'un d'eux qui était intervenu, tapi dans les ombres et faisant découler si jolie prose...? Non, les agents de sécurité ne pouvaient produire telle musique, la leur était faîte de coups de feux, de vigilance et de violence, de cris et de larmes... Alors, quelle main amie offrait son secours à l'enfant terrible...? Il voudrait la prendre et en riant gambader devant ce fat qui se croit surpuissant pour balancer à sa face d'inquisiteur constipé les pires obscénités, le calomnier à coups d'ignominies sorties de cerveaux excentriques, prolixes en fantaisies aussi sombres que rayonnantes, fée digne des farces les plus macabres comme des jeux les plus innocents...

Quant à l'autre jouvenceau _ou bien est-ce une jouvencelle, il ne sait trop... _Azraël attend de voir une quelconque réaction, l'éveil de la fleur alors que l'aube d'une ère nouvelle caresse et fait frémir ses pétales... Mais il a aimé ce public qui souriait, visiblement apaisé, à sa ritournelle... Il se fourvoie le chérubin diabolique, le chétif enfant... L'autre ne l'écoutait pas, il ne faisait que survoler les mots, comme un aigle qui se laisse porter par les courants d'air chaud sans plonger dans leur essence, tourbilloner enfiévré parmi leurs zéphiresques diatribes, les chants d'esprits de l'air invisibles...


[Hé hé... Désolé, mais Azraël ne se montre ni doux, ni philosophe avec tout le monde... Quelle extase de songer à la tête que ferait l'Amariah si elle savait qu'elle est devenu son Abel de remplacement... ]
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Monodiela
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MessageSujet: Re: Prose éveillée   Dim 21 Oct - 2:55

Monodiela ne s'est toujours pas autorisé à regarder, à briser l'harmonie, blesser son silence. Elle sait la fleur, elle le sent, qu'ouvrir maintenant, ce serait comme provoquer le jugement, comme prononcer le châtiment, l'issue fatale.
Elle ne veut pas les ouvrir ses jolis yeux verts, ses jolis yeux doux, reflet d'embruns végétaux, qui se forment, qui se forment d'une lumière et d'un peu d'air...
Elle a peur la fleur ? Non, non, non, elle n'a pas peur. L'ambiance a changé, elle le sait, la magie est rompue, elle s'en attriste.
Voilà, elle est triste la fleur. Elle est triste car de nouveau, de nouveau, ce qui salit devra jaillir, devra, devra...

Qu'est, c'est quoi ? Ces autres pulsions, cette violence encore, il faudrait ouvrir les yeux Monodiela, les ouvrir, analyser, et obéir comme toujours. Obéir à quoi?
La fleur ne le sait pas. Il se sent étrange l'enfant, comme encore étourdi par la mélodie dont on l'a privé, il se sent comme en manque, en manque oui, en manque.
En manque de quoi, de quoi, de quoi?

De quoi ? De quoi ? De quoi ? De quoi? De quoi ? De quoi ? De quoi ? De quoi? De quoi ? De quoi ? De quoi ? De quoi? De quoi ? De quoi ? De quoi ? De quoi? De quoi ? De quoi ? De quoi ? De quoi? De quoi ? De quoi ? De quoi ? De quoi? De quoi ? De quoi ? De quoi ? De quoi? De quoi ? De quoi ? De quoi ? De quoi? De quoi ? De quoi ? De quoi ? De quoi? De quoi ? De quoi ? De quoi ? De quoi? De quoi ? De quoi ? De quoi ? De quoi? De quoi ? De quoi ? De quoi ? De quoi? De quoi ? De quoi ? De quoi ? De quoi? De quoi ? De quoi ? De quoi ? De quoi? De quoi ? De quoi ? De quoi ? De quoi? De quoi ? De quoi ? De quoi ? De quoi? De quoi ? De quoi ? De quoi ? De quoi? De quoi ? De quoi ? De quoi ?
De quoi?


Elle est soudainement toute pâle la fleur, toute pâle comme privé d'air, comme privé d'énergie, comme si la violence de l'atmosphere étouffait soudainement toute vie, brisait ses pétales.
Il faut ouvrir les yeux, la fleur ! Il faut les ouvrir !

Il le sait, ô il le sait, comme il sent la présence gigantesque d'un autre de ses monstres qu'on lui a ordonné d'apaiser. Il le sait, ô il le sait, mais il tremble, il tremble l'enfant, il se convulse !
Mais qu'à t-il encore oublié bon sang !

La substance, oui, la substance, c'est poisseux, c'est dégoûtant, c'est un cauchemar, un cauchemar vivant. Tu es dans une drôle de position la fleur, oh oui, quelle drôle de position !
C'est jolie une fleur irradiée, ce sera jolie, une fleur fanée. Joli, Jolie, Joli enfant.

"Est ce que les fleurs peuvent voler?"

Dis maman, est ce que les fleurs peuvent voler autour de ses anges, de ce dieu ? Moi je ne sais pas moi, je ferme les yeux, je sais qu'il me porte sur ses ailes, ses ailes noires lui qui est si sombre, mais si beau, si beau, si terrible, si terrifiant pour ceux qui ne savent pas vraiment le voir. Mais si beau si beau.
La fleur délire, la fleur est en manque, la fleur transpire, la fleur ne comprend pas.

Il regarde enfin.
Il regarde.
Mais ne voit rien.


Il tremble le gamin, il se sent soudainement si faible et il ne comprend rien.
Que fait-il ici ? Que fait-il encore ? Qui sont ces gens ? Que fait-il?
Ô un monstre. Mais peut-être y en a-t-il d'autres. On lui a apprit à mépriser les monstres, oui, oui, oh oui, on lui a appris.
Mais il n'y arrive pas, alors il le cache un peu, enfin, les gens ne sont pas dupe non plus, mais...
Mais ils savent que quoi qu'il advienne, la fleur obéira, la fleur pliera comme toujours. C'est comme ça.
Il est un peu creux, un peu vide, c'est ce qui le rend si léger, si innocent, lui qui ne peut se remplir, que de...

Chut, chut, chut, chut ! Pas continuer Monodiela, c'est danger, pas continuer, on t'a dit de fermer les yeux, d'oublier. Alors n'essaies pas de te souvenir, tu le sais, tu le sais : danger.
Il opine gravement de la tête. Oui, c'est dangereux, oui.

Mais il sent que la situation là, l'est aussi, il sent qu'il a oublié quelque chose de fondamental, qu'on a oublié de lui rappeler, qu'on a oublié de lui donner, pour qu'il puisse normalement respirer.
Il sent que ce qui se passe n'est pas normal, il sent que c'est crucial et fondamental sans vraiment le comprendre. Il ne fait que sentir, comme d'un parfum qui embaume, un parfum qui empoisonne. C'est vicié, oui, vicié, oui, irradié, oui, contaminé.
Il sent que ses gestes seront bientôt plus affirmé, mais il sent aussi qu'il ne pourra pas les contrôler ?

Ô pourquoi? Pourquoi?
Pourquoi est-il là déjà ?
Pourquoi l'oiseau bleu s'est il arrêté dans son chant?
Pourquoi les monstres sortent ils des cauchemars encore vivant.


Il gémit un peu, la fleur, en observant l'homme blanc.
Il gémit un peu, et d'un frémissement de lèvres:

"Frère..."


Voilà, voilà, il s'est écroulé maintenant. Il s'est écroulé, il préfère se laisser aller mais ne pas laisser aller son corps, il le sait. Danger, danger, danger, danger, danger, DANGER !

Tu es bête Monodiela, tu es bête, tu as oublié d'aller voir Albin avant de sortir, tu as oublié ses soins avant de partir. Tu sais, tu sais, ce qu'il te dit d'oublier, mais ce qu'il te dit aussi de ne pas vomir, de ne pas pleurer.
Alors à chaque fois, tu oublies, tu oublies, ça fait plaisir à Albin !
Et puis, et puis tes joues redeviennent un peu rosies, tes yeux sont de nouveaux des étincelles de jeunes pousses, oh oui ! A chaque fois, après tu revis.
Mais voilà, tu as encore oublié, ce qu'il fallait faire.

*Je vais me faire gronder...
Je vais me faire gronder et Albin va s'inquiéter...*

_________________
" Même si tu es monstre, même si tu es ça, même si tu es de ceux que l'homme créa et que les étoiles brûlèrent.
Tu sais? Les étoiles sur terre.
Moi, je t'aime tu vois, je t'aime, car c'est la dernière fois."

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Amadeus De Lorican
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MessageSujet: Re: Prose éveillée   Dim 21 Oct - 2:56

Des paroles. Encore et encore des paroles futiles, vaines tentatives de dissuader l'esprit ferme d'un etre qui a voue l'entierete de sa vie a une seule et meme foi. Certains y voient une etroitesse d'esprit impardonnable, d'autre encore y voient la stupidite. Mais ils etaient tous bien plus stupides. Aux yeux d'un tel esprit, ces paroles supposees etre insultantes et corruptrices ressemblaient plus a une tentative vaine de destabiliser ne serait-ce qu'un tant soit peu un ennemi dangereux qu'a autre chose. Et l'esprit mure d'Amadeus se riait bien de ces tentatives. Il avait une mission, celle de Dieu, et il comptait bien faire tout ce qui etait parmi ses capacites, meme si la mort devait l'amener avec elle pour se faire. Car la mort etait un bien petit prix a payer pour la grace et la bonte eternelle du Seigneur dans son divin Royaume.

Ainsi donc, il n'etait rien? Il le savait bien. Il se prenait pour Dieu? Cet imbecile aurait merite une balle dans le crane a la seconde meme ou il avait prononce ces mots. Il distribuait la justice de facon arbitraire, a la place des juges officiels. Officiels..... Completement stupide. Ces supposes juges n'etaient que des aristocrates sans cervelle qui s'octroyaient le droit de juger les autres par le biais d'etudes apparemment superieures. Amadeus, lui, n'appliquait qu'une seule loi: celle de son Seigneur. Et elle disait entre autres que les heretiques les plus presents socialement devaient etre extermines. Les forces de l'ordre le prendraient? Un sourire se forma malgre lui aux levres de l'Inquisiteur. Comme si avec la puissance de l'Amariah, il resterait en detention plus de douze heures. Meme pour meurtre, les idees pour recuperer un element utile representent un veriable dictionnaire pour l'organisation Divine de la Volonte de Dieu. Et encore, ils devraient le prendre vivant; ce qui n'arriverait jamais. La fuite n'etait pas une de ses propres solutions. C'etait tuer ou etre tue. L'Inquisiteur releva les yeux qu'il avait perdus dans le vague, les ramenant lentement vers Azrael, un sourire amuse sur les levres a son tour.

''Le Seigneur me protege et me guide. Et grace a lui, meme les ''intouchables'' sont finalement a ma portee...''

Sur ces paroles, il appuya sur la detente, tirant volontairement le ventre de l'insolent. Pourquoi faire tout d'un coup, quand la penitence prolongee est tellement meilleure a appliquer? Cependant, les forces policieres pouvaient effectivement etre dans les parages. Et pourquoi pas quelques autres venues innoportunes? On ne sait jamais, avec une ''celebrite d'Assiah''...Sur cette pensee, une seconde arme a feu du meme modele que la premiere jaillit des vetements de l'Inquisiteur, serree par une main tout aussi ferme et prete a tirer que celle qui venait de le faire quelques secondes auparavant.
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Eltanin
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MessageSujet: Re: Prose éveillée   Lun 22 Oct - 12:19

La montagne est en marche et ils le savent pas. Petites choses, si petite. Atlas bouge, Atlas gronde. Ignorance, ignorance...Perte, voilà ta perte ! Hurle Souveraine déchue. Crache, éructe. L' Enfant défie, sa houle est tempête, sa voix est Borée.

Tenèbre, enveloppe ton serviteur, entoure son avancée de limbes. La terre frémit, elle frissonne sous la caresse de son conquêrant. Elle rejette son sang, brûlant, brasier. Atla se défait de sa peau de gardien, il devient Vulcain. Gronde ! Gronde et coule sur les flancs étriquées de l'ignorance ! Elle est là ! Elle est là ta colère ! Entend la ! Envoutes toi de ses murmures, elle est douce...si douce...Déchainé, libre. Eltanin, mon doux cornu, tu te meut si vite...Borée attise les flammes, tu es lave, tu es lave en fusion.

La glace de ses yeux s'envenime de brasier, la falaise agresse, la falaise attaque...Chut, chut, petit être idiot. Les chaines d'Atlas jaillissent, telles des amantes, elles s'enroulent autour de l'imbécile. La draguée s'échappe mais elle se fichera dans la pierre, dans les cendres. Pauvre petite chose idiote. Pauvre petit mouton, bêle, Vulcain est déjà en train de marteler ton destin sur son enclume d'horreur. Il abat son marteau, la Reine s'agenouille. La roche pleure son sang, enfanté dans la douleur. Mais elle est muette, elle tait ses tourments, aveuglée de rage.

-Pauvre fou...Pauvre insensé, tu erre sous des lois que tu piétine.


Vulcain serre tes chaines, entend, entend l'armature craquer. Ecoute là alors que tu souris, Vulcain sourit, il rit, il entend la douleur du ver. Elle chante son agonie. La falaise face à débilité.

-Faible, tu es faible. Tu t'abreuve a un pouvoir qui n'est pas, te cache derrière un bouclier aussi frêle que le papier. Pauvre petite limace, petit cafard aveugle qui moura sous un talon. Apprend l'humilité avant de brandir une foi fantoche.

Atlas explose, oh oui ! Explose ! tu es si beau lorsque tu t'enlace de colère. Etreint ce corp brulant contre ta froideur de pierre...Les armes sont a terre, guelle de violence, bouclier du lache. Toi, l'imbécile, regarde Atlas dans les yeux et prie. Regarde sa force devant ta faiblesse, immondice. Sens la douleur lorsque la montagne frappe ! Sens là exploser sous ta chevelure de Méduse. La roche siffle sa rage, elle embrase sur son passage. Sens ! Sens et cherche l'oubli dans le noir ! Falaise immobile. Eltanin, doux enfant, regarde ton oeuvre et détournes toi. Chut, chut, endors toi colère, sommeille rage, apaise toi volcan, Vulcain. Apaise toi et change toi, ranime ce farfadet dont tu porte les atours. Deviens Pan et facéties. Pan sautillant, léger.

Ses pas sont doux alors que l'Atlas s'approche de l'être fragile. La roche suinte de l'incarnat, mais rien ne peux l'arrêter lorsqu'elle est en marche. La main est si fine, si souple, elle se tends, tranche l'air. Viens enfant, viens, prends la main d'Atlas. Et toi, petite chose fragile, drôle de garçon perdu, tais tes murmures et viens...Viens, gravit la roche qui s'agenouille et t'emmènes. Chut, chut..Silence, reprends posséssion du lieu, entoure la Reine Déchue. La montagne porte l'innocence et la légèreté, le Titan s'en va et avec lui, deux frêles créatures écrasées dans son ombre, caressées par son aile...
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