[Forum Archive] Jeu de rôle d'interprétation sur forum, concernant un monde futuriste et post-apoalyptique
 
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 Azraël d'Amboise [Archange]

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Azraël
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MessageSujet: Azraël d'Amboise [Archange]   Jeu 11 Oct - 2:55

Nom : D'Amboise
Prénom : Azraël
Surnom : Le Fou, Farfadet lubrique, Petit lutin, etc... (ou pour les jaloux et envieux "c'te catin de parvenu" et autres joyeusetés du genre.) Celui adopté le plus communément par tous est néanmoins le nouvel Archange

Âge : 17 ans
Race : Humain devenu Lamia
Clan : Zion
Rang : Nouvel Archange


Description physique : L'enfant terrible s'est en apparence calmé, le garçon cadavérique et décharné de beaux atours s'est paré, l'amant éploré de vêtements de neige s'est doté. Le blanc, couleur du mariage, couleur de la mort, selon le lieu, selon la culture... Pour Azraël, ils signifient simplement qu'il est marié à la Grande faucheuse et qu'il a perdu son "mari". Costumes du passé avec un je ne sais quoi de victorien, cintrés et moulant la malingre silhouette du jeune adolescent et cachant nettement mieux aux regards les exploits barbares de ses parents ou son propre talent en matière de maniement de scalpel et autres instruments métalliques. Du moins cela dura un temps, un temps de deuil, le temps de sa nouvelle ascension. Et faisant fi des reproches de ses conseillers en communication et du regard des autres (suite à une discussion où il retrouva la merveilleuse Sheena) l'enfant terrible revint à son ancien style vestimentaire: chemise déchirée, bracelets et ceinture en cuir noir cloutés, il a même semble-t-il adopté la manie de son ancien maître de se faire percer de partout, et arbore maintenant fièrement une chaîne reliant sa lèvre inférieure à son oreille droite, ainsi que de nombreux anneaux placés autant sur les lobes que sur les cartilages des dernières parties de son anatomie sus-citées.

Son visage n'a pas changé: toujours aussi juvénile et délicat, sa "petite gueule d'ange" (comme le disent ceux qui s'amusent également à le nommer "le gigolo d'Abel") se trouve maintenant auréolée d'une chevelure bleutée (et d'un bleu clair en plus), au grand damn de ses conseillers qui poussèrent les hauts cris lorsqu'ils le virent débarquer avec cette nouvelle teinture et ses vêtements de rocker-punk. Comme vous pouvez l'imaginer, impossible de le faire changer d'avis... Ce n'est pas pour rien après tout qu'on le dit ingérable, enfant terrible, chérubin diabolique...

Par contre son regard lui s'est transformé. Les yeux éther aux reflets de lune désormais se tournent vers le ciel en témoins muets de sa splendeur, semblant chercher au-delà des nuages des réponses qui n'existent pas ici-bas... Célestes iris couleur azur, lointains cousins de la voûte céleste, semblablement à icelle, ils reflètent les changements d'humeur de l'oisillon maladroit qui dans son apprentissage pour voler, sa quête pour s'élever s'est maintes fois écorché les ailes, transformant peu à peu son duvet en un soyeux et brillant plumage. Obscurcis des nuages de la mélancolie, ses yeux se font rarement limpides en présence d'autrui. Absorbés dans la contemplation d'anciens souvenirs, aveuglés par l'éclat châtoyant d'une autre époque et l'énigmatique personnage qui y était rattaché, les voiles persistants de la nostalgie étendent leur malheureux étendard sur ces perles qui traversent le monde sans le voir, jetant des regards complètement perdus aux alentours lorsque leur porteur est soudainement tiré de son langoureux et insidieux sommeil, sa douce torpeur.

Maladif. Voici enfin l'un des termes qui revient le plus souvent pour décrire notre jeune ami. Sa silhouette rachitique de patient d'hôpital souffreteux enchaînant les pneumonies, sont teint pâle de spectre errant parmi les tombes, d'âme en peine chantant sa douleur vers les âmes exilées au ciel quand elle-même ne sait comment rejoindre ses soeurs et parvient tout juste à capter le miroitement des étoiles, saisir fugitivement leur étincelle dans la nuit noire de son sombre et terrestre séjour, ses os bien trop saillants, sa démarche si souvent chancelante qu'il doive de justesse se rattraper, maintenu et soutenu par un mur ou une table alors que ses jambes semblent vouloir se dérober sous sa chétive et petite carcasse d'à peine 1m50; ses joues légèrement creusées et ses yeux de plus en plus cernés au fil des nuits passées loin de Morphée à accumuler les soucis... tous ces détails sont autant de marques de sa santé fragile, affaiblie encore par la consommation trop importante et régulière d'alcool et substances autrement plus nocives pour l'organisme.

Description caractérielle :
Pour ceux qui ne connaissent pas Azraël, l'étrange petit être lunaire n'a pas foncièrement changé. Pour ceux qui savent voir au-delà des apparences, qui savent traverser les masques et faire fi des barrières, ils pourront vite constater un certain changement, un changement certain chez le frêle jeune homme, une profondeur de sentiments et une sincérité imperceptibles au premier coup d'oeil. Malgré son introspection et son acceptation relativement récente de ce qu'il est, sa quête pour être en adéquation avec lui-même, le jeune chanteur continue de suivre généralement ses pulsions auto-destructrices, ses penchants masochistes et/ou sadiques, gardant certains réflexes provocateurs et continuant de manier le cynisme et l'ironie face à ceux qu'il perçoit comme de potentiels ennemis (ce qui fait beaucoup de monde, je vous l'accorde). Après je ne vais pas vous détailler sa personnalité: non seulement j'en serais incapable _pas assez objectif_ mais ce serait dommage qu'il devienne un tant soit peu prévisible alors qu'on le dit ingérable... So, peut-être vous forgerez-vous votre propre opinion au détour d'une rencontre, deux routes qui se croisent, deux mondes qui se heurtent ou s'harmonisent...

Enfin, je dois à présent ajouter, que, malgré sa transformation, Azraël est resté un humain dans un corps de lamia... ce qui signifie: pas de bouleversement ou de choc psychologique.

Style de combat et armement : Maintenant qu'il peut avoir des molosses à ses côtés et plétore de gardes du corps, Azraël ne s'entraîne plus trop... Mais il connaît néanmoins la capuera, et reçoit depuis peu (pour sa sécurité personnelle) des cours de tir. Enfin autant dire que s'il tentait de suite d'utiliser une arme à feu, il serait plus capable de s'arracher une oreille par mégarde, comme le sire Van Gogh, que blesser d'éventuels ennemis _surtout au vu de l'état d'ébriété avancé dans lequel on le retrouve la plupart du temps...

Signes particuliers : Ceux que j'ai mis dans la description physique ne suffisent pas? He bien ajoutons donc que le jeune homme a du mal à supporter la lumière du soleil (il doit avoir la rétine sensible, allez savoir), et qu'il a certains tics _comme la manie de mordiller le bout de son pouce.
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Azraël
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MessageSujet: Re: Azraël d'Amboise [Archange]   Jeu 11 Oct - 2:55

Histoire :
Je vous entraîne dans ma lente déliquescence, auditeurs accrochés à mes lèvres, je vous fais goûter les prémices d'un cauchemar sans nom qui fut ma vie et qui crée en vous cette fascination morbide qui est mienne chaque jour, je vous fais entrevoir l'abîme et tout au fond les abysses infernale où les démons se partagent ma dépouille ensanglantée, déchiquetée, se font la guerre pour quelques misérables bouts de chair, pour cet organe qui pulse si misérablement et qui se trouve être mon coeur. Certains d'entre vous, comme toujours, se détournent écoeurés, choqués, me prenant pour un pauvre fou sans espoir, un cas irrécupérable ou quelque illuminé ennuyeux... Mais je ne braille pas la fin du monde comme ces prophètes décatis et si risibles. Pour ma part je vous met en garde contre vous-même: nul ne peut mieux qu'un peuple en faire disparaître un autre, rien n'est plus efficace qu'aliéner un être pour le mener à sa perte. Je pourrais, bien sûr, éprouver une jouissance malsaine à vous précipiter dans l'antre où séjournent mes pires visions, mais je n'en ferais rien. He non, vous n'aurez pas ce déplaisir, c'est que, pardonnez-moi, mais j'ai mieux à faire que finir sur un bûcher. Je me contenterais de retracer un récit qui pourrait être le vôtre à défaut d'avoir été le mien si seulement certains éléments ne paraissaient pas si incroyables.

Je suis né (enfin naître est-il un mot bien approprié pour décrire la venue au monde d'un être si paradoxal, appelant la mort en cherchant à se transcender sans cesse, sublimer son âme, dépasser les limites imposées par un corps malingre...) une nuit où la lune était pleine, généreuse, tel un ventre rond de femme enceinte comme l'était celui de ma mère à cet instant où elle peinait à accoucher du bébé que j'étais à l'époque. Cherchant à m'expulser de toutes ses forces, la pauvre haletait, criait, suait, mais j'étais si bien dans cette bulle de chair que je lui rendis la tâche d'autant plus ardue. Malgré ma résistance acharnée, je finis par venir au monde, braillant, vagissant, furieux que l'on m'ait délogé de cet abri merveilleux. Malgré tous mes efforts pour retrouver cette symbiose par la suite, téter au sein maternel est loin de procurer la même sensation qu'être directement relié grâce au cordon ombilical. J'en voulais à l'humanité entière de m'avoir forcé à sortir, d'avoir voulu me voir grandir, me toucher, m'éduquer. Ils pouvaient pas me laisser là où j'étais, cette bande de chien galeux pour lesquels je me faisais l'impression d'un os tant certains paraissaient obnubilés par ma petite personne, sans cesse à vouloir mon bonheur, s'extasiant lors de mes premiers mots comme de pauvres bouffons devant la 7ème merveille du monde. Qu'ils aillent tous crever en enfer! Je n'en voulais pas de leur amour, leur admiration, si c'était pour me faire subir tous ces tourments. C'est pour ton bien qu'ils ne cessaient de répéter et en même temps que ces paroles tombaient les coups de fouet pleuvaient, les châtiments se suivaient en une ronde macabre et délicieusement jouissive. J'ai fini par y prendre goût à ces punitions, à aimer la caresses du cuir rugueux s'abattant sur ma chair maladive et pâle, à adorer le contact du métal s'immisçant dans l'intimité de ma peau pour parvenir à en faire jaillir le sang, ce liquide qui m'a toujours fasciné avec ses reflets de ténèbres et son ballet sinueux sur la teinte blafarde de mon épiderme en grand manque de soleil, de chaleur, de bonheur... J'ai fini par tout faire pour susciter la rage dans le coeur de mes géniteurs, pour engendrer les coups et m'y offrir en criant, roulant sur le sol, hurlant sous l'empire que la souffrance et la jouissance exercaient sur moi, petit être chétif. Est-ce que je méritais vraiment cette éducation sadique, je ne saurais le dire, mais toujours est-il qu'elle a fait de moi ce que je suis à présent. Comment donc le regretter puisque je suis la personne que je vénère le plus, puisque contrairement à tous ces crétins qui complexent je suis à mes yeux brouillés de larmes brûlantes et amère l'image de la perfection. Oui, il m'arrive de pleurer, je ne m'explique pas ce phénomène. C'est humain dit-on, mais alors je hais ces larmes, puisque je hais tout ce qui est humain, j'exècre les gens compréhensifs et faibles, ces pitoyables pantins tout juste bons à plier l'échine et se traîner par terre telles les larves qu'ils sont, puis s'apitoyer entre gens d'une race inférieure à laquelle malheureusement j'appartiens. Combien de fois ai-je lacéré ma peau comme pour en extirper mon âme sublime et la laisser libre, libérée de cette prison mortelle et condamnée au vieillissement, à devenir dépouille repoussante et pathétique. C'est dans ces moments tellement intenses que j'arrive à rire, laisser s'évader ce son si particulier et gutural qui s'échappera de mes lèvres ouvertes sur ce trou béant d'où sort ma voix malmenée pour la bonne cause. He oui, après des années de maltraitance, parfois enfermé dans la cave de la demeure familiale, j'ai fini par tuer ceux qui m'avaient offert au regard de l'univers, au jugement des autres, aux soins de ces grotesques psychiatres en les attirant grâce à mon chant. Non mais vous imaginez: ils voulaient me soigner? Comme si j'étais malade... Ce sont eux les malades, eux les fous, eux qui n'ont rien compris! Oh non, je ne veux pas que de l'eau sorte de mes yeux en y repensant, pourtant il est si dur de se rappeler leurs paroles qui blessent, qui fouaillent sous votre sein, le mettent à vif, ravivent vos plaies soi-disant pour mieux les cicatriser. Déjà l'onde ensanglantée perle à mes cils et donne des reflets diaprées au travers de ces fenêtres rougies ouvertes sur des paysages bétonnés, si gris, si tristes, aussi fades que les habitants qui se balladent dans ce brouillard solide, souillure sur la surface de la terre, déchets d'une nature idéale.

Jamais je ne pourrais retranscrire ce parcours dans des lieux blancs et aseptisés sous peine d'apparaître comme fragile et démuni. Je ne suis pas un enfant, je ne suis pas non plus ni un adolescent ni un homme ou même un vieillard... Je ne me retrouve dans aucun des personnages des différentes générations que j'ai côtoyé, aucun ne me ressemble. C'est lorsque la situation me parût désespérée, sans issue qu'une échappatoire s'offrit à moi sous les traits divins et magnifiés d'une créature de la nuit... Oh, comment vous décrire cet instant isolé dans une bulle d'éternité où nos regards se croisèrent, où je me perdis dans la contemplation d'un être trop parfait pour que mes mots maladroits retracent correctement toute sa superbe, sa magnificence, cette aura de charisme ahurissante. Que venait donc faire ce personnage semblant surgi d'un de mes rêves ou mes fantasmes les plus fous dans un hôpital psychiatrique? Etait-ce un ange venu me délivrer de cette déplorable existence de prisonnier enchaîné à la morale et la raison sans espoir de leur échapper? Je crus pendant un moment qu'il m'offrait la fin de mes souffrances dans ce baiser qui unit nos lèvres puis mon cou à ses crocs. Non, j'ai toute ma tête quand je vous dis cela: les vampires existent bel et bien. Mais pour moi, IL n'était pas un banal prédateur en manque d'hémoglobine... oh non, il était mon séraphin des ténèbres, ma mort suave et langoureuse, la promesse d'échapper à ma condition vile de mortel en trouvant un sommeil éternel dans ses bras pâles aux gestes gracieux et déliés tels ceux d'un cygne. Oh, j'aimerais avoir assez d'illusion pour croire que peut-être il m'offrira l'immortalité, mais pourquoi s'abaisserait-il à me transformer, à m'élever à sa hauteur? Malgré toute l'estime que je me porte, je ne me pense pas assez exceptionnel pour éblouir un tel être. Je vis dans son éclat qui me réchauffe le coeur lorsqu'il apparaît, que ses prunelles sans ciller se plantent dans les miennes et qu'il fait de mon sang le sien. Il est ma veuve noire, ma somptueuse faucheuse, et j'aime à danser avec lui ce ballet lancinant qui me mène lentement mais sûrement à ma destruction irrémédiable. Quand j'emplis mon esprit de son image, alors tous mes cauchemars, ce sordide passé que je traîne tel un malheureux prisonnier des boulets trop lourds à ses pieds disparaissent, s'évaporent, envolés.

Finalement j'ai oublié de vous conter mon histoire, mais à quoi bon, tout pourrait être résumé en quelques lignes: des études qui me lassaient bien plus qu'elles ne m'intéressaient, ma passion pour l'Art, et plus particulièrement la musique, des essais dans divers domaines comme tout bon touche-à-tout qui se respecte.. Je me découvris d'ailleurs un penchant certain pour la photographie; armé de mon appareil j'aimais à dérober des instants de vie à d'autres, immortaliser des moments de rêverie poétique dans un cliché. Mais malgré toutes mes prises, jamais je n'ai pu comprendre comment mes modèles parvenaient à être heureux, à sourire, à explorer un pannel si varié d'émotions contraires. Je pourrais être jaloux, mais je ne suis pas sûr de connaître ce sentiment, ou du moins est-il juste une nuance imperceptible à l'orée de ma conscience quand j'examine le défilé qui se déroule sur cette terre mère de chacun d'entre nous.

Mais permettez à celui qui se cache derrière le personnage de prendre la parole à présent... Car il est des choses trop personnelles qu'Azraël ne saurait vous dévoiler en restant lui-même. Son créateur se permet donc de vous résumer le commencement de ce qui fut un être dont l'esprit encore vierge n'avait encore été marqué par aucune souillure. Ses parents ne voulaient pas d'enfants: ils devaient en avoir. Il faisait partie de leur obligation de perpétuer le nom d'une antique lignée, comme s'ils étaient des chevaux pur sang forcés de s'accoupler afin de fournir au monde les meilleurs étalons. Quant à leurs méthodes d'éducations, elles étaient en accord avec celles d'un milieu et d'une époque qui n'hésitait pas à maltraiter ses rejetons pour soi-disant leur faire prendre le droit chemin. Inutile de préciser que nombre desdits rejetons furent rejetés en hôpital psychiatrique, rendus fous par leurs parents ou jugés comme tels ce qui de toute façon revenait du pareil au même: direction l'asile. Ils n'eurent pas tous la chance de pouvoir s'en évader ainsi que notre jeune ami, mais ils partagent comme point commun des valeurs et une culture magnifiant le passé et plaçant l'Art comme un raffinement au-dessus de tout les autres. Sauf que pour Azraël, l'art n'est pas seulement un domaine destiné à mettre en avant notre bon goût et permettre une masturbation intellectuelle. C'est un besoin vital. Et c'est lorsque ses mauvais géniteurs surent qu'ils se disposait à devenir chanteur de rock qu'ils le séquestrèrent dans leur cave, ce qui finit de lui détruire le reste de neurones raisonnables qui se balladaient comme des âmes en peine dans un cerveau erratique et torturé. Hors de question de consacrer sa vie à un métier si risqué et qui rapportait si peu alors que son père lui léguait une affaire en or, dont son fils n'avait absolument que faire. Remarquez, il y eut deux avantages à tuer ces têtes de noeud à l'esprit étroit: non seulement, dans sa cellulle capitonée, on le laissait chanter tant qu'il voulait, mais en outre c'est là qu'il rencontra Abel, le vampire adoré, vénéré...

Suite:
J'ai senti mon coeur s'arrêter puis se briser en même temps que les marches, voler en éclats tel le marbre du luxueux édifice ensevelissant sous ses décombres le corps de mon aimé, ce corps aussi froid et pâle que la pierre qui fut son tombeau. Le temps a filé, s'est dévidé telle la pelote de Pénélope, tissant à même mon âme le tableau de mes amours décomposées, tirant son fil de mes délicieux souvenirs, nos folles étreintes, nos odieuses déchirures, nos sublimes retrouvailles, traçant sur ma chair ses imperceptibles sillons, ses limpides arabesques. Combien de temps suis-je resté seul, si seul, enfermé dans ma propre toile, enchevêtré dans les rêts qu'avait tissé autour de moi l'onirique créature, enchaîné à l'image de mon bourreau, sans dormir, sans chanter, sans presque boire ou manger...? Je n'avais pas même eu le temps de faire le deuil de l'être adoré, de l'être vénéré que déjà je me retrouvais à sa place, Fou détrônant le roi et ayant l'impression d'usurper son trône, ce rôle que je l'avais toujours vu endosser... C'est un miracle que je n'aie reçu presque aucun dégât dans cet attentat (de dégâts purement physiques j'entends): au vu de ma faible constitution, je pense que je n'aurais pu survivre à la chute d'un bloc de marbre. Trop centré sur moi, je ne me suis pas soucié ni de Sheena, la merveilleuse, la belle panthère qui m'avait offert l'insigne honneur de m'accepter comme cavalier, ni des autres...; prostré dans un coin, ceux qui me retrouvèrent pensèrent au départ avoir affaire à un autiste. Et il m'a fallu bien du temps avant de sortir de ma retraite invisible. A présent je commence à goûter aux affres du pouvoir, aux sordides venins des conseillers et au jugement incessant des membres du conseil d'administrations qui ne cessent de remettre quoi que ce soit venant de moi en question. Et je m'aperçois que celui que j'avais toujours pris pour un marionettiste manipulateur avait les mains liées par les rênes du pouvoir, et quelque part je reste un Pantin Désarticulé, Son pantin désarticulé puisque ce sont à présent mes doigts squelettiques qui sont empêtrés dans ces rêts pernicieux, ces rêts insidieux, et que c'est lui qui m'a légué ses chaînes.
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Azraël
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MessageSujet: Re: Azraël d'Amboise [Archange]   Jeu 11 Oct - 2:56

Il se débat, il crie, il tempête, il frisonne, il tremble, violemment se cambre et s'arrache, dans ses dernières tentatives désespérées de se raccrocher à son humanité qu'il perd, son humanité déjà perdue, comme un radeau qui se brise, un esquif qui se rompt tandis que l'océan l'engloutit et impose son linceul de secrets et de silence alors que son corps est emporté, loin... vers d'autres horizons jusque lors invisibles... secrets comme le sceau qui clos ses lèvres ainsi que le couvercle d'un tombeau la preuve de sa mort et sa renaissance inattendue, tel le Christ dont la résurrection ne fut immédiatement dévoilée... Comparaison qui ferait hurler d'indignité les instances de l'Amariah, si seulement elles savaient... Oui, il s'arrache, dans son combat inconscient, de nouveaux fragments de chairs, cette chair si pâle, où coule, une fois encore, comme un refrain trop douloureux, trop douloureusement poignant, condamné à être répété... inlassablement... le sang... si rouge, en méandres fatals, comme autant de fragiles vermeils pétales, comme une ode d'ambre devenue ambroisie qui laisse pleurer en sa sève l'arbre démuni qui tombe, comme un dieu que l'on terrasse à vulgaire coups de haches, sans un cri, avec juste ce craquement qui déchire les coeurs et remue les entrailles... les entrailles d'un monde que l'on écartèle pour en extirper les trésors pourtant tellement plus beaux lorsque les pare d'un halo de reflets flamboyants le soleil d'or... Le suave suc se fraye un chemin, épais, poisseux, sur cette chair déjà maintes fois rougie, glisse sur les doigts presque squelettiques et tombe... lentement, indéfiniment... comme autant de perles sanguines d'une main divine, comme autant de larmes de rubis que pleure la jeune fille des milles et une nuits enlevée par un mauvais génie. La tâche d'encre s'étale sur ce sol d'hôpital, comme un chant funèbre, une lamentation... un signe de vie, dans un lieu aseptisé qui respire la maladie et la mort.

Des morceaux de peau sont restés attachés à ses ongles alors que dans son délire comateux et fiévreux, Azraël a tenté de lutter, de tout son corps, et peut-être aussi, finalement, de toute son âme contre cette métamorphose.



Sa métamorphose.









Lorsque je m'éveille, la lumière du monde me fait presque mal, comme un million, un milliard de dards qui percent et fouaillent ma chair, m'expose, si démuni, si nu sous cette blanche chemise de nuit d'hôpital... au fond j'ai l'impression d'être devenu encore plus fragile, comme si cette pillule était une faiblesse... à laquelle... j'ai

Cédée

...
Et pourtant...

Pourtant, quelque part, une porte dont je ne soupçonnais pas l'existence s'est ouverte sur un univers que je n'imaginais pas même possible. Une nouvelle force... comme si chaque faiblesse devait être compensée, l'équilibre rétabli et maintenu.

D'aucuns disent que j'avais déjà la morgue naturelle des lamias, et bon nombre se réjouissent même... Certains car pensant qu'un humain à la tête de Zion, quand même, cela faisait désordre... D'autres car c'était une prise de position, une façon de se montrer solidaire envers les opprimés précisément en des temps aussi troublés. La rumeur se répand, comme mon sang sur le blanc dallage... S'ils savaient, peut-être trouveraient-ils cela risible.

Rimbaud, poète cher à mon coeur. Il représente tant pour moi... Sa vie, ses mots... sa poésie. La roue du temps l'a entraîné sur d'autres chemins, beaucoup moins reluisants... Alors, j'ai voulu figer, immortaliser cet Azraël de 17 ans, comme le passé a immortalisé les textes que cet artiste avait écrit à mon âge. Mon anniversaire approche, mais je veux l'oublier, je ne veux plus le fêter, précisément pour montrer que Chronos sur moi n'a plus de prise.
Si je change, mon coeur en tout cas ne deviendra pas celui d'un vieillard, je pourrais me permettre les excentricités que l'on pardonne bien souvent seulement à la jeunesse...

Je ne sais si je continuerais d'exister encore longtemps... Peut-être aussi longtemps que ce monde aura besoin de moi, pour lui apporter un peu de lumière, cette lumière que je voulais auparavant cacher mais qui finissait par éclater et se répandre ainsi que mon timbre, à chaque fois que me prend l'envie de chanter, la seule passion qui reste toujours, contrairement à d'autres obsessions plus éphémères. Ou peut-être ne serais-je bientôt plus, ayant assassiné cet éclat, fait taire cette voix... suicidé. Libéré comme un homme serein alors que son heure arrive, ou meurtri et étouffé comme un poète qui n'a pas tout conté, un rêveur qui n'a pas tout rêvé, un musicien tout joué...



Ces gens... Ceux qui disent que j'avais déjà la morgue naturelle des lamias... Peut-être se seraient-ils moqués, m'auraient pris en mépris, dégoût, horreur ou pitié s'ils m'avaient vu, posant un pied sur le sol et m'écrouler, comme un pantin qui n'a plus de fils pour le manier... j'ai même vu l'infirmière accourue à mon secours, alors que je ne parvenais à me relever et risquait m'empêtrer dans les tuyaux qui reliaient mon corps aux produits nécessaires à sa survie... je l'ai vue pendant un instant écarquiller les yeux et retenir un hoquet de cette surprise qui se pare des teintes hideuses de l'effroi et l'horreur en apercevant les mollets qui dépassaient de ma longue chemise, devinant imperceptiblement le reste de ce corps chétif, si frêle... tellement malingre. Je ressemblais alors, m'avoua-t-elle bien plus tard, à un oiseau étrange à l'ossature délicate pris dans les rêts de sa tourmente, étalé à même la terre et implorant du regard son secours pour pouvoir de nouveau voler et chanter...
Sa description m'a ému et touché, et même, curieusement, flatté. Peut-être en suis-je heureux, finalement, de cette sensibilité, cette fragilité.


D'humain anémique, je suis devenu un lamia plus anémique encore... Mais à présent je me sens plus serein. C'est un combat de moins à mener... contre mes doutes, mes peurs... contre le Temps. Un choix a été fait, et à présent je puis avancer, donner mon énergie, un peu plus, pour mes Idéaux... pour les autres.

Et en particulier...

A une autre.
La panthère qui, féline, a pénétré dans ma vie, enfantine a recueilli entre ses mains délicates et dorées mon coeur d'oiseau malmené, d'enfant perdu et abandonné, pour y réinsuffler de l'espoir, redonner un sens à mes songes, revitaliser mes rêves... et lorsqu'elle ouvrit ses doigts, paumes vers le ciel, j'ai hissé sur mon soyeux plumage cette adorable fée, cette divine et innocente rêveuse pour d'autres contrées merveilleuses. Personne ne sait qu'elle est devenue une nouvelle raison de me battre pour la paix et la liberté, l'égalité, personne ne sait qui elle est, mon amour, mon si précieux amour.. fleur inconnue qui embaume mes jours et m'ennivre alors qu'elle devient reine parmi celles de Gomorrhe...



Sheena, ma douce, ma vie... Pourras-tu jamais me pardonner d'avoir délaissé cette humanité qui t'était si chère...? Je l'espère, car tu sais que je suis le même, je n'ai pas changé.

Le pantin désarticulé a depuis longtemps coupé les fils qui le reliaient à Abel, depuis qu'en un souffle partagé nous avons maintes fois répété le secret serment de nous adorer, alors que chaque baiser renouvelait notre idylle, comme un nouveau nectar, une rosée de printemps pour deux roses dont les épines ne peuvent toujours les défendre contre cette saison de violence hivernale où le givre craquelle la Terre et interdit à nos soeurs, nos frères, de goûter ses bienfaits. Cette transformation n'a rien à voir avec mon ancien maître, mon ancien amant... Si tu me le demandes, je te le dirais...

C'était pour mieux lutter.

D'ailleurs tu le sais, que je peux faire preuve d'opiniâtreté... j'ai arrêté toute consommation de drogue et alcool;;; tu m'as permis de comprendre, enfin réaliser que je n'en avais pas besoin pour m'élever. Lorsque c'était un refuge, aux maux de la société, à la torture pire encore des mots de mon premier amour, ma première folie embrasée, fusionnelle, désespérée... tu m'as redonné confiance et courage. Peut-être m'as-tu permis, sans le savoir, d'échapper au fléau que j'ai financé... la drogue Z... Z comme Zerach.
Car il fut la substance qui m'aliénait, me faisait dans le même temps vivre plus intensément et mourir... j'en étais dépendant et esclave, alors qu'il enchaînait ma raison toujours plus loin, inaccessible sous le flot de son somptueux venin... Celui qui me poussait d'autant plus à m'évader en compagnie des Muses, trouver dans l'Art un exutoire.

A présent cet art n'est plus une fuite, mais une bénédiction, un eden que je veux voir s'étendre jusqu'au reste, jusqu'aux confins du monde... Ce monde... Notre monde à tous qui se lamente et souffre comme j'ai pu hurler en silence dans cette intimité où le métal viole et exhibe les secrets de la chair...
Il attend, lui aussi, qu'on l'aime... Je veux qu'il soit notre oeuvre... notre enfant. Je veux le voir s'épanouir, fleurir et gazouiller, murmures d'eau et d'onde végétale sous les caresses du soleil ou la lune et son cortège d'étoiles.
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Azraël
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MessageSujet: Re: Azraël d'Amboise [Archange]   Jeu 11 Oct - 2:56

Résumé de la version troisième de la fiche:

Le sang qui court, le sang qui coule... le sang omniprésent. Avant c'était moi qui l'arrachait au trajet de mes propres veines pour lui en faire emprunter un autre tout aussi sinueux où il se mêlait à ma rage, à mes larmes... Avant c'était moi qui l'offrait, à Abel, le lamia qui me faisait vivre... qui me faisait mourir. Maintenant c'est moi qui le prend, carnassier, féroce, sauvage, indompté...

Indompté...

Car nous sommes paraît-il des animaux. C'est ce que dit l'Amariah, du haut de sa chaire de préceptes désuets, lorsqu'elle tend son doigt de vieillard tremblant et débile et frappe au hasard dans sa fureur sénile... Homme ou femme, adulte ou enfant, toutes les créatures la redoutent. Mais à présent je me dresserais devant toutes ces victimes, je donnerais une voix à tous les morts qui n'en ont pas, qui ont vu la leur étouffée sous la haine des inquisiteurs, sous les cris de souffrance et les lamentations... Je fais partie des leurs à présent, mais nous avons toujours été frères et soeurs.

Je ferais tomber ce culte dérisoire aux dogmes obscurs, je réinstaurerais le panthéon antique aujourd'hui tombé dans les limbes de l'oubli alors que la guerre est passée avec ses ravages... L'Amariah est le résultat de la guerre, et elle a besoin de la maintenir, de façon plus sournoise, clandestine, en perpétrant de nouveau crimes au nom de la gloire divine. Mais je leur crache au visage à ces gueux qui se croient supérieurs, je les enfoncerais dans leur propre boue jusqu'à ce qu'ils crèvent, étranglés par leur propre noirceur.

Mes Malachims s'activent en secret dans le murmure crépitant des flammes qui illuminent discrètement le lieu inconnu où ils peuvent de nouveau travailler. Moi seul sait où ils se trouvent, alors qu'officiellement j'ai engagé de nouveaux seraphims, mesure pleinement justifiée par l'étendue des récents troubles. Ils ont toute ma confiance, et m'aideront à rétablir la paix et la justice chères à mon coeur, ce coeur qui n'a que trop saigné.

Des nouvelles merveilles que nous enfanterons pour enluminer le monde, des trésors que nous déploierons en fresque de splendeurs, la matérialisation de nobles idéaux sera notre premier ouvrage. Zion était puissante car au service de l'homme... L'homme est devenu faible, peureux... en un mot, l'homme est devenu croyant. Mais sa foi est placée en une religion qui le dénigre et le place peut-être même au-deça des animaux. Moi je veux les amener à penser, au sens le plus beau du terme... au sens philosophiques. Eradiquer la gangrène de sermons qui les aliénient, percer cette carapace de fanatisme pour leur faire entrevoir la véritable lueur, celle qui éblouit et illumine les vies... l'ataraxie. Je veux croire en Zion, non pas pour en retirer plus de pouvoir, mais car elle peut être le moyen de parvenir à ce but, l'outil indispensable à notre grande oeuvre. "La religion est l'opium du peuple" comme le dit Marx... Alors je vais les désyntoxiquer.

Mais surtout, je vais offrir des abris, jardins paisibles, à tous ceux qui sont persécutés, les créatures en situation de danger... Et dans l'ombre où croisseront nos secrets murmures, nous organiserons... la résistance.
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