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 Soirée d'inauguration de l'Opéra

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R. Viore
Invité



MessageSujet: Soirée d'inauguration de l'Opéra   Mar 30 Oct - 7:23

[Archives 27 nov 2006 ]


[ Si vous voulez entendre un extrait de l'oratorio de Bach dont il est question dans le post - La Passion selon Saint Matthieu ]




† Puis je vis un nouveau ciel et une nouvelle terre; car le premier ciel et la première terre avaient disparu, et la mer n'était plus. Et je vis descendre du ciel, d'auprès de Dieu, la ville sainte, la nouvelle Jérusalem, préparée comme une épouse qui s'est parée pour son époux †
(Apocalypse 21:1-27)




Assiah, cité-état émergent des cendres de l’ancienne Jérusalem achevait sa renaissance, affirmait sa supériorité mondiale en ressuscitant la première plus belle que jadis, la reconstruction enfin achevée du grand Opéra étant le joyaux final, la dernière pièce ajoutée au travail d’orfèvre mené sous l’impulsion du Régent Viorel, éclatante preuve de son amour pour sa ville. Et quelle profession de foi il avait fait en offrant à la cité et à ses habitants un temple entièrement dédié à la beauté de la musique, écrin superbe destiné à accueillir les joyaux d’illustres compositeurs comme point de départ de la réouverture de tous les lieux dédiés à la culture et aux arts qui viendraient embellir Assiah, joindre la lumière de leurs flambeaux à ceux déjà allumés au fil de la reconstruction patiente de ce qui avait été la ville sainte et qui à présent retrouvait plus que jamais son rôle de guide, premier et sublime phœnix surgissant après que les flammes infernales de la dernière grande guerre eurent tout ravagé.

Pour l’occasion fût donnée une représentation unique d’un des plus célèbres oratorio de Jean Sébastien Bach – La Passion selon Saint Matthieu – dans l’immense salle principale de l’Opéra, la mélodie sacrée emplissant les cœurs des artistes choisis pour incarner de leurs voix angéliques ce moment unique dans la vie de la nouvelle Assiah, tout autant qu’elle s’imprima dans l’âme des spectateurs venus honorer le retour à la vie de la belle de leur présence, nantis et citoyens plus modestes pour une fois égaux devant la grandeur de la musique qui surpasse toutes les richesses en ce monde, peut-être seul véritable évangile parmi tous ceux revendiqués par les hommes qui peuplent et animent les rues de la ville, du moins le plus sincère et le plus mystique de tous car délivré des ambitions, des manipulations et des perfidies qui souillent ceux de l’Amariah et de Zion. La salle avait vibré jusque dans ses murs des accords somptueux joués par l’orchestre auxquels venaient s’apposer la voix unique et à la fois multiple du chœur, résonnant en force et en pureté comme l’on imagine le chant des anges dans les cieux.

Pour prolonger l’instant qui avait laissé briller l’Humain sous une de ses plus glorieuses facettes, le Régent avait aménagé l’immense hall d’entrée du bâtiment pour qu’y soit donnée une réception suite au concert, à laquelle tous les habitants d’Assiah étaient conviés. Sous la lumière de sept grands lustres de cristal dont les pampilles scintillaient de la lueur des bougies accrochées sur leur pourtour, s’étendait en longueur le chemin menant vers l’escalier principal, presque aussi imposant que la nef de la Basilique du Saint Sépulcre, tendu d’un tissu rouge qui serpentait sur les marches de l’escalier central et de ses deux pendants latéraux. En levant les yeux au plafond, entre les lustres se peignaient différentes fresques inspirées par les Saintes Ecritures ou la mythologie dans son ensemble, symbole de la croyance du Régent dans la possibilité de réunir les fois diverses et de maintenir la paix dans la cité reconstruite, l’utopie qu’il souhaitait voir se réaliser et qui marquerait la fin des atroces conflits dans laquelle l’humanité s’est toujours embourbée au cours de l’Histoire. La plus remarquable de ses peintures représente le dieu Pan jouant de sa flute, entourée d’une farandole de nymphes délicates, tournant autour de lui en une sarabande aérienne empreinte de félicité et de magie.

Le long des deux murs principaux ont été disposées de hautes tables à pied central, assorties de chaises pour permettre à qui le désirait de profiter de la soirée un peu à l’écart de la foule qui se massait au centre du hall. Un bar se trouve devant chaque escalier latéral, l’accès à l’escalier central ayant été laissé libre pour permettre aux spectateurs de se rendre dans la salle de concert, et une myriade de serveurs zélés et habiles slalomment en permanence entre les convives pour veiller à ce que leurs désirs soient comblés à peine esquissés, tandis que les deux barmans en costume trois pièces s’occupent de servir les invités qui vont et viennent entre l’espace central et les bars. Le service de sécurité se fait discret, presque invisible pour veiller au bon déroulement des festivités, laissant la réalité des dissensions qui déchirent les clans d’Assiah s’effacer devant la beauté des lourdes tentures bordeaux qui habillent les hautes fenêtres et une partie des murs du hall, réchauffant de leur rouge qui fait écho à celui de la passion – et donc au thème de l’œuvre précédemment jouée – les boiseries et les moulures ciselées qui serpentent sur les cloisons blanches de l’édifice. Le blanc symbole de pureté, le rouge allégorie de la passion et les teintes dorées reflettée par le cristal des lustres comme figure de la foi, tout en ces lieux parlait du rêve que porte le cœur du Régent et le rendait visible aux yeux de tous dans une vision prémonitoire qu’il espérait peut-être de bonne augure pour le futur de la cité et de ses habitants. L’Opéra prenait ce soir là des allures de talisman, de prière matérielle se joignant à celle de l’esprit, se voulait oracle favorable quant à la suite des évènements qui agiteraient le microcosme d’Assiah, sur lequel le monde entier avait les yeux rivés. Une bonne partie de la population se massait déjà en son sein pour venir partager le bonheur du maître de la cité, signifier peut-être leur gratitude et aussi les espoirs qu’ils désiraient placer en l’avenir de leur métropole qui semblait promettre une multitude de nouveaux horizons ainsi drapée dans ses plus beaux atours, représentation certainement éphémère mais éclatante d’une volonté de tourner le dos aux horreurs du passé…
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Yasin
Invité



MessageSujet: Re: Soirée d'inauguration de l'Opéra   Mar 30 Oct - 7:26

Fantomatique apparition. Rue de brume. Rayon de lune flottant dans le silence.

|Tant d'agitatons...|

Un frôlement léger sur les pavés. Douce caresse du papillon de nuit qui ne verra jamais la lueur du jour. Ou peut-être, avec de la chance, une première et dernière aube. Combien de temps avait-elle eut peur, combien de temps l'avait-elle désiré ?

|Tant de bruit...|

Elle ne se rapelle plus. C'est un mystère. Elle a encore oublié, c'est le début du cycle. La nuit totale est sa seule lumière. En est-ce réellement une pourtant ? Elle s'arrête, son souffle devient nuageux. Son esprit vole et s'envole vers ces milliers d'appels. Un sourire fugitif, à peine esquissé qu'il meurt aussitôt, l'aide à reprendre une dose de courage.

Elle n'a plus eut besoin de lui depuis longtemps. Solitaire, sans sentiments, sans soucis. Juste celui de ne pas paraître. Facile à faire lorsque rien ne peut nous brouiller. Quant il n'y a rien à retenir quant on en est de toute façon incapable.

|Que se passe-t-il dans votre monde pour que vous provoquiez en mon âme une telle lumière ? Je veux le revoir. Juste une fois, unique. Même si elle est courte, même si elle me coûte. Pardonnez-moi, pardonnez ma soudaine fougue, Seigneur. Je ne désire céder à la tentation de leur appel que ce soir. Cet unique soir. Avant de les oublier. Un dernier rêve.|

Une étincelle de tristesse scintille dans son regard. La demeure de Dieu semble s'y refléter soudainement, l'espace d'un instant. Comme une acceptation suivie d'un regret aussi profond et aussi vieux que le monde. Comme si cette femme, belle et jeune, n'était en fait qu'une vieille, très vieille femme.

Las de tout, las de rien, qui ne réclame qu'une chose sur une période d'un silence éternel. Elle sait déjà où elle va, où elle vole. Elle ignore juste ce qu'elle y trouvera. L'Opéra. Cet endroit parmis tant d'autres. Il exerce, ce soir, un appel douloureux vers elle. Presque suppliant de la voir revenir à la vie.

|Encore une fois.|

Ce ne sont que des voiles, comme ce qui envahis son esprit à chaque fin de cycle, qui recouvrent son corps. Recouvrir est pourtant beaucoup dire. Mélange de voiles blancs opaques et de voiles bleus clairs transparent, ils suivent son corps comme une vague lèche sensuellement un rocher.

Un fin bandeau blanc sans ornements garnit son front, ses mèches d'ébènes retombent dessus. A peine coiffés, lui donnant l'air sauvage d'une fille aventureuse qu'elle ne recherche pourtant pas. Elle ne le sait pas, mais sa tenue se prête à un évènement précis ce soir.

Le Hasard fait parfois bien les choses, même si elle ne croit qu'au Destin.

|Apparaître à la lumière... !|


Et lorsqu'elle y parut, celle-ci la laissa éblouie pendant un instant. Peut-être y en avait-il trop pour le papillon de nuit ? Peut-être se brulerait-elle les ailes durant la soirée ? Signe ou pas... Dieu seul serait son guide.

Quelques personnes, pas beaucoup encore. Surtout des serveurs et autres personnes du même type, peut-être même quelques musiciens pas encore installés. Elle regardait, un air sceptique s'affichant une micro seconde sur son visage. Peut-être trop longtemps encore.

Elle baissa à nouveau l'océan de ses yeux vers le sol, pinçant les lèvres. Elle n'était plus sûre de sa si ravissante idée. Et pourtant, elle restait là, plantée à l'entrée de la salle. Penserait-elle à rejoindre un coin de l'ombre qui avait été si longtemps son amie avant de se faire repérer ?

|Cela ne doit surtout pas arriver.|
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Azraël
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Nouvel Archange
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Messages : 12
Date d'inscription : 11/10/2007

MessageSujet: Re: Soirée d'inauguration de l'Opéra   Mar 30 Oct - 7:26

Abel n'était pas là. Il n'était pas venu le voir à l'Orpheus, sans doute inintéressé pour entendre des morceaux qu'il avait déjà écouté maintes fois... Par contre qu'il ne l'attende même pas pour aller à l'inauguration de l'opéra à son bras... Il devait y avoir quelqu'un d'autre, il y avait forcément quelqu'un d'autre: le grand Archange de Zion ne se présenterait pas seul à ce genre de soirée, il voudrait briller, son calice en était certain. Mais comment briller avec un être tel que le jeune d'Amboise pour cavalier, malingre, chétif, encore vêtu de sa tenue de scène digne d'un chanteur de Visual Kei comprenant serre-taille en vynil et autres accesoire en cuir _le jouvenceau, sous le coup de la tristesse avait trouvé ce détail inutile, oubliant qu'il dénoterait certainement parmi tous les gens bien comme il faut et que ce n'était pas le meilleur moyen de rester tranquille. Le jeune garçon était déçu, d'autant plus après les doux mots échangés à la faveur de cette délicieuse intimité, de cette bulle partagée et tissée entre eux dans les mystères de l'alcôve. Sans doute les apparences comptaient plus pour son maître que l'amour, quel fou il avait été de croire que tout allait changer. Laissant ses pas l'emmener où bon leur semblerait, ralenti par les chaînes de la désillusion et d'une lancinante mélancolie, le garçon s'était retrouvé dans le quartier des plaisirs _dieu seul sait pourquoi ses pieds l'avaient traîné là-bas. C'est alors qu'il était tombé sur la plus belle des femmes qu'il pût contempler: gracieuse, des courbes voluptueuse, un visage sculpté par quelque maître italien, des manières délicieuses et un rire frais qui avait tout de suite charmé le musicien _sobre pour une fois. Il l'avait abordé, et après un bref échange de paroles où elle lui avait révélé son nom, Azraël lui avait demandé de venir avec lui à l'Opéra. Il s'attendait à un refus poli de sa part, mais pour son plus grand étonnement, elle avait accepté. Ravi, le damoiseau avait manifesté sa joie en mélangeant les gestes de sympathie: il lui avait tout d'abord fait la bise, puis l'avait serré dans ses bras et finit en lui serrant joyeusement la main et l'affublant de remerciements. Le pauvre petit n'avait jamais côtoyé une si grande dame et avait légèrement perdu la tête pendant un moment, ce qui avait visiblement amusé la charmante demoiselle qui lui avait juste demandé de la laisser se préparer, lui promettant de le rejoindre devant la grande bâtisse nouvellement construite.

Et pour ajouter à sa joie, le chanteur était persuadé que le sire Zerach ne trouverait jamais une créature magnifique, superbe comme la sienne pour l'accompagner. Toutes les femmes crèveraient de jalousie en voyant la beauté de celle qui se tiendrait à ses côtés, et les hommes envieraient sa chance, la chance d'un malheureux pantin libéré de ses fils le temps de quelques bulles de champagne, sourires charmeurs et mouvements de danses, le temps que toute la crasse des hommes se couvre du vernis brillant de l'élégance et du raffinement tandis que le venin perfide des mots échangés se teinterait d'or et que les sous-entendus se feraient plus nombreux. Celui qui pensait que la paix serait totale en cette nuit était un idéaliste inconscient de la fourberie des hommes et du talent qu'ils peuvent employer quand il s'agit d'être pervers et sadique. Mais peu importait: Azraël l'esclave paraderait avec Sheena la douce, assuré d'avoir au moins un splendide sujet à contempler pour plusieurs heures, fier d'avoir réussi à convaincre l'oiseau de paradis de se percher à son bras maigre et meurtri. Quel curieux couple ils feraient, l'enfant malade et la femme charmeuse, et que de regards ne manqueraient-ils pas d'attirer, surtout si la Terach se montrait dans une tenue aussi originale que celle de son compagnon d'une nuit (ou plus?). D'ailleurs le serviteur des Muses avait déjà droit à des coups d'oeil réprobateurs, surpris, méprisants ou amusés de la part des autres invités tandis qu'il attendait l'Erelim en tournant en rond devant les marches du somptueux édifice consacré à l'Art.
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