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 Délice du corps, délice de l'âme...

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Caleb Bognosco
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Messages : 12
Date d'inscription : 10/10/2007

MessageSujet: Délice du corps, délice de l'âme...   Mar 30 Oct - 6:31

[Archives du 18 nov 2006 ]


Vingt heures. Vingt heures qu'il était debout, à courir en tout sens à travers le quartier, et tout ça à cause d'une stupide rixe dans un trou à rat miteux pompeusement appelé bar. La bagarre avait fait des morts, et évidemment, qui avait trempé les mains dans le sang? L'un de ses principaux moutons, bien sûr. Cent fois Bognosco s'était dit qu'il ne devrait pas conserver ces indics versatiles dans sa petite organisation, et cent fois il avait renoncé à s'en séparer, bien obligé de reconnaître qu'ils étaient sa meilleure source d'information sur les agissements des petites bandes du Karyukai. Il avait donc passé la journée à parcourir le quartier de long en large pour faire en sorte que la police n'arrête pas la bonne personne - cet abruti d'indic en savait assez sur les agissements du Lamia pour lui causer de sérieux ennuis. Et Bognosco avait d'autres ambitions que de finir à l'ombre pour qu'un mouton y reste lui-même moins longtemps.

Bref, après toutes ces émotions, il estimait qu'il avait droit à un peu de détente. Comme toujours, la maison close était ouverte, son perron étonnamment propre drapé de la douce lumière rouge de la lanterne qui surplombait la porte. Réconforté par cette aguichante promesse, Bognosco glissa assez d'argent de poche à son chauffeur pour lui permettre de boire convenablement. Qu'il s'enivre même si le coeur lui en disait: Caleb dormirait certainement au bordel, il n'avait pas à se préoccuper du retour à son domicile. Si son chauffeur se tuait, il le ferait seul.

Le Lamia descendit de voiture en enjambant élégamment le crasseux caniveau, avant de gravir les quelques marches de la maison close et de frapper à la porte comme s'il rendait visite à un vieil ami. Nulle trace de culpabilité chez lui: pourquoi aurait-il dû être gêné de prendre un peu de bon temps? Il vivait seul, n'avait de compte à rendre à personne. Magnifique, non?

"José, ouvre la porte, c'est moi!"

Encore quelques secondes de silence, puis un pas lourd, un verrou qui tourne à l'intérieur. La porte s'entrouvrit et Bognosco vit un regard bovin se poser sur lui. Il afficha un grand sourire effrayant de naïveté forcée, tout en agitant la main pour dire bonjour. Un grognement, et la porte s'écarta, laissant le fin Lamia passer devant les deux mètres dix et les cent trente kilos du Terach mi-homme mi-taureau qui servait de portier aux prostituées. Un bon bougre, ce José. Pas une flèche, mais un bon bougre.

Bognosco entendit un petit cri de surprise saluer son entrée dans la salle de réception, et son visage fatigué s'illumina aussitôt d'un sourire charmeur tout à fait préprogrammé. Il embrassa dans le cou la jeune femme qui venait à sa rencontre pour le débarasser de son manteau, sans se préoccuper des quelques clients qui prenaient leurs aises dans le salon contigü.

"Alors mon chou, c'est quoi cette sale mine? Besoin d'un remontant?
- Pas de refus. Tu me l'apporteras en haut, d'accord? Au salon.
- Oh oh, on est trop fatigué pour jouer les jockeys?
- C'est que je m'en voudrais de vous épuiser, toi et les autres filles."

La jeune femme rit de bon coeur et lui accorda une caresse au visage avant d'emporter son manteau au vestiaire. Bognosco la regarda un instant s'éloigner, en contemplant pensivement le minuscule bikini qui était son seul atour. Cette fille avait l'air de plutôt apprécier sa condition. Etrange... mais tant mieux pour elle, après tout. A cette pensée, Caleb jeta un rapide regard dans le grand salon, histoire de s'assurer qu'il n'y avait pas de tête connue. Celle de la maquerelle, par exemple: depuis deux ou trois ans qu'il la connaissait, il lui avait à peine adressé la parole, et pas en tant que prostituée, mais en tant qu'autre lieutenant de l'ombre de Zion. Ce qui l'avait agacé au-delà du supportable: il valait mieux qu'une maquerelle, quand même!

Chassant de son esprit fatigué ces mornes pensée, Bognosco escalada l'escalier couvert de moquette rouge, croisant au passage plusieurs splendides créatures plus ou moins dévêtues. Il prit à droite au premier étage et pénétra dans un petit salon privé, dont le mobilier drapé de velours était délicatement éclairé à la bougie. Bognosco lâcha un soupir de contentement et ôta sa veste, avant de se laisser choir dans un profond canapé avec à peu près autant d'énergie et de grâce qu'un ours au mois de janvier. Il ferma les yeux et renversa la tête en arrière sur le doux tissu, désireux de ne penser à rien jusqu'à ce que deux ou trois demoiselles lui apportent son verre de sang.
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